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L'Union africaine réaffirme son engagement en faveur d'un processus de paix mené par les Africains et pris en charge par les Soudanais

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) – L’Union africaine (UA) a réaffirmé jeudi sa pleine disponibilité à collaborer étroitement avec toutes les parties prenantes soudanaises, ainsi qu’avec ses partenaires régionaux et internationaux, notamment l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), les Nations Unies et la Ligue des Etats arabes, afin de soutenir les efforts en faveur d’un cessez-le-feu, de l’accès humanitaire et d’une solution politique globale.

Cette déclaration a été faite jeudi par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, à l’occasion du 70ème anniversaire de l’indépendance du Soudan. Il a affirmé que l’UA restait attachée à un processus mené par les Africains et porté par les Soudanais, répondant aux aspirations du peuple soudanais à la paix, à la dignité et à un avenir stable.

“Alors que le Soudan célèbre soixante-dix ans d’indépendance, que ce moment soit non seulement l’occasion de se souvenir du passé, mais aussi de renouveler notre engagement à mettre fin à la guerre et à tenir la promesse d’un Soudan pacifique et uni ”, a dit M. Youssouf.

La guerre au Soudan, qui a éclaté en avril 2023 entre d'anciens alliés, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, a ravagé le pays.

 L'économie s'est effondrée, les infrastructures ont été détruites, la peur et la panique se sont installées, des dizaines de milliers de personnes ont trouvé la mort et des violations des droits humains ont été commises. Elle a également engendré l'une des plus graves crises humanitaires au monde, plusieurs millions de personnes ayant besoin d'aide.

Des maisons, des hôpitaux et des écoles ont été détruits, et les services essentiels sont interrompus. La malnutrition et l'insécurité alimentaire sont en forte augmentation, selon l'ONU. L'approbation, mardi, par le président de la Commission de l'Union africaine (CUA) de l'initiative de paix présentée par le Premier ministre soudanais Kamil Idris au Conseil de sécurité des Nations Unies a suscité l'indignation des organisations de la société civile (OSC).

Ces dernières ont exprimé leur mécontentement, qualifiant cette décision de “déviation dangereuse ” par rapport au consensus régional et de signe de partialité institutionnelle.

L'initiative du gouvernement militaire comprend plusieurs dispositions, telles que le retrait des Forces de soutien révolutionnaires (FSR) des villes sous son contrôle vers des camps préalablement convenus et placés sous la supervision de l'ONU, des pays arabes et de l'Afrique. 

Elle prévoit également le lancement d'un processus de désarmement de ces forces sous surveillance internationale, ainsi que des garanties pour empêcher la redistribution des armes. Cependant, plusieurs organisations de la société civile ont, dans des déclarations distinctes, rejeté la position de l'Union africaine (UA), avertissant qu'un favoritisme perçu envers l'une des parties belligérantes éroderait la confiance du peuple soudanais dans les institutions régionales.

L'Alliance démocratique civile des forces révolutionnaires (SOMOUD), dirigée par l'ancien Premier ministre Abdalla Hamdok, a vivement critiqué mercredi le commissaire de l'UA, Mahmoud Ali Youssef, selon le média soudanais Sudan Tribune. Cette dernière  a déclaré que le soutien apporté par M. Youssef s'inscrivait dans un contexte de partialité au sein de la direction de l'UA en faveur du gouvernement dirigé par l'armée.

 

L’Alliance constituante du Soudan (Tasis), branche politique des RSF, a également condamné la position de l’UA, a rapporté le média soudanais Sudan Tribune.

Dans un communiqué de presse, le groupe a déclaré que les propos de M. Youssef portent atteinte à sa crédibilité et sabotent délibérément les efforts régionaux et internationaux visant à trouver une solution globale au conflit.

L'alliance a qualifié la position de l'UA de violation des principes fondamentaux convenus par les nations africaines pour résoudre les crises internes par une médiation impartiale. L'Alliance des forces civiles unies (QUAMUM), qui soutient également les RSF, s'est jointe à ces critiques, rapporte Sudan Tribune, avertissant que le soutien de l'UA au plan du gouvernement menace son rôle de médiateur neutre.

“La Commission apporte désormais un soutien direct aux autorités de Port-Soudan, ce qui soulève des questions fondamentales quant à son intégrité ”, a souligné Osman Abdel Rahman Suleiman, porte-parole de l'alliance.

-0- PANA MA/NFB/JSG 02jan2026