Agence Panafricaine d'information

Guerre au Moyen-Orient: La hausse des prix menace d’aggraver la faim dans le monde

Rome, Italie (PANA) – L’escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner une flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant, prévient une agence des Nations Unies, qui craint des répercussions au-delà de la région et une aggravation de la faim dans le monde, notamment parmi les populations les plus vulnérables.

Onze jours de guerre, qui ont secoué Téhéran et embrasé le Moyen-Orient, perturbent déjà les chaînes d’approvisionnement, font grimper les prix et fragilisent le pouvoir d’achat des familles.

 Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), les personnes déjà en situation de précarité pourraient basculer dans une insécurité alimentaire encore plus grave.

Le conflit a déjà des répercussions immédiates sur la sécurité alimentaire au Moyen-Orient.

 Au Liban, on observe d’importants déplacements de population au sein d’une population confrontée à une grave insécurité alimentaire depuis plusieurs années.

En Iran, les difficultés économiques préexistantes exacerbent la crise. 

La stagnation économique, la forte inflation alimentaire et la dépréciation rapide de la monnaie étaient déjà à l’origine de l’insécurité alimentaire avant le conflit actuel, laissant les ménages avec une capacité limitée à absorber de nouveaux chocs.

A Gaza, malgré la réouverture de certains points de passage, les prix des denrées alimentaires restent élevés, ce qui continue de limiter l'accès à une alimentation abordable.

Au-delà du Moyen-Orient, le conflit provoque de graves perturbations dans la chaîne d'approvisionnement mondiale, créant un scénario inédit de double goulot d'étranglement pour les transports. 

Ce phénomène affecte les marchés du transport maritime, de l'énergie et des engrais, avec des répercussions évidentes. Cette situation est déjà manifeste dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial. 

Les perturbations sur cette voie de transit, qui assure environ 20 % des expéditions mondiales de pétrole et de gaz, ont entraîné une baisse du trafic maritime, une augmentation des risques navals et le détournement ou la suspension du fret commercial.

Le PAM avertit que si le conflit s'intensifie, la combinaison du détroit d'Ormuz et de la mer Rouge, autre passage stratégique pour le commerce mondial, pourrait créer un scénario inédit de double goulot d'étranglement pour les flux mondiaux d'échanges commerciaux et énergétiques.

“ Si la situation actuelle perdure, la hausse des prix du pétrole devrait entraîner une augmentation des prix alimentaires à l'échelle mondiale ”, prévient l'agence onusienne dans son dernier rapport de situation.

La situation actuelle menace non seulement les marchés mondiaux, mais complique également l'acheminement de l'aide humanitaire aux populations vulnérables. 

“ Cela accroît le risque que les populations attendent plus longtemps l'aide et soient confrontées à une insécurité alimentaire et à une malnutrition accrues. ”

Plus largement, ces tensions dans le détroit d'Ormuz font grimper les prix des carburants et des transports. Selon le PAM, cela augmente donc “ le risque d'une nouvelle inflation mondiale, avec des répercussions sur les prix alimentaires dans le monde entier ”.

Face à ces tensions et à la flambée des coûts, le PAM a obtenu des concessions de la part des compagnies maritimes afin de faciliter l'acheminement de l'aide.

 L'agence onusienne indique avoir négocié avec succès la suppression des surtaxes d'urgence imposées par les principaux transporteurs maritimes.

 L'objectif est d'alléger le fardeau financier du PAM et de ses partenaires humanitaires.

Les fermetures de l'espace aérien et de certaines routes maritimes continuant de limiter les opérations, le PAM s'adapte pour assurer la continuité de l'assistance.

 Il s'appuie notamment davantage sur ses fournisseurs et les voies de transit en Turquie, en Egypte, en Jordanie et au Pakistan, et utilise, lorsque cela est possible, les corridors terrestres entre les Emirats arabes unis et le Levant.

Les ports égyptiens, pleinement opérationnels, et le canal de Suez sont également mis à contribution pour appuyer les opérations régionales des organisations humanitaires.

-0- PANA MA/NFB/JSG 10mars206