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Le président de la CUA condamne le meurtre de Saïf al-Islam Kadhafi en Libye

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'Union africaine (CUA), a fermement condamné le meurtre, mardi, de Saif al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen, affirmant que cet acte violent risquait de compromettre davantage les efforts visant à instaurer une transition politique crédible et inclusive en Libye.

 

Il a exprimé sa profonde préoccupation face à cet acte et a présenté ses condoléances à la famille du défunt, ainsi qu'à toutes les personnes touchées, a indiqué mercredi un communiqué de presse de l'UA.

 

Il a souligné la nécessité impérative de résoudre les différends politiques par des moyens pacifiques et légaux.

 

"Mahmoud Ali Youssouf appelle les autorités libyennes à respecter l'Etat de droit et à veiller à ce que les circonstances entourant ce meurtre fassent l'objet d'une enquête approfondie et que les responsables soient traduits en justice conformément à la loi».

 

M. Youssouf a, en outre, exhorté tous les acteurs politiques libyens à faire preuve de retenue et de calme, et a réitéré l'engagement continu de l'UA à soutenir le peuple et les institutions libyens dans leurs efforts pour parvenir à une résolution durable, consensuelle et pacifique de la crise politique et sécuritaire qui touche le pays depuis 2011.

 

Par ailleurs, le chef du Conseil présidentiel libyen, Mohammed Al-Menfi, a appelé toutes les forces politiques à faire preuve de retenue et à suivre de près l'évolution de l'enquête officielle sur l'assassinat de Saif al-Islam afin de garantir que personne n'échappe à la justice.

 

Dans une déclaration publiée mercredi et citée par l'agence de presse libyenne (LANA), M. Al-Menfi a déclaré « C'est avec une profonde tristesse que nous avons pris connaissance de la déclaration du parquet concernant l'assassinat et des procédures d'enquête préliminaires engagées par le parquet afin de faire la lumière sur les circonstances et les causes de cet incident».

 

Le chef du Conseil présidentiel s'est félicité de la mise à disposition du soutien technique et de l'expertise nécessaires dans le cadre juridique afin de renforcer la transparence des enquêtes et d'accélérer leurs résultats, renforçant ainsi la confiance du public.

 

Il a présenté ses sincères condoléances à la famille du défunt et à la tribu Gaddadfa, appelant les forces politiques, médiatiques et sociales à modérer le discours public et à rejeter toute incitation visant à compromettre l'objectif de l'assassinat, qui était de saboter les efforts de réconciliation nationale et la tenue d'élections libres et équitables dans lesquelles le peuple choisit ses dirigeants.

 

« La Libye ne peut être gouvernée par la violence ni fondée sur la peur. Les exécutions extrajudiciaires sont interdites, et le sang libyen est précieux et ne doit pas être versé en vain », a déclaré M. Al-Manfi.

 

LANA a rapporté mardi soir que Saif al-Islam avait été abattu, citant Abdullah Othman, conseiller et chef de son équipe politique.

 

Selon un communiqué, il a été assassiné mardi dans la ville de Zintan, à environ 180 km au Sud-Ouest de Tripoli, à la suite d'une opération « perfide et lâche ».

 

Le communiqué indique que quatre individus ont pris d'assaut sa maison, désactivé les caméras de sécurité et l'ont tué lors d'une confrontation directe.

 

L'équipe politique a appelé la justice libyenne, la communauté internationale, les Nations unies et les organisations de défense des droits de l'homme à « assumer leurs responsabilités juridiques et morales », exigeant une « enquête locale et internationale indépendante et transparente » afin de faire la lumière sur les circonstances du crime et d'identifier les personnes impliquées.

 

La déclaration appelait également les partisans de Saif al-Islam et le peuple libyen à « faire preuve de retenue, de sagesse et de patience », affirmant que la véritable réponse à ce crime était « l'adhésion à son projet national et la fidélité à ses principes ».

 

Saif al-Islam, 53 ans, était le deuxième fils de l'ancien dirigeant libyen et était autrefois largement considéré comme son héritier présomptif.

 

Par ailleurs, la 444e brigade de combat a catégoriquement démenti les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant son implication dans les affrontements qui ont eu lieu dans la ville de Zintan, ainsi que les informations faisant état de la mort de Saif al-Islam.

 

Dans un communiqué publié sur sa page officielle, la 444e brigade de combat a déclaré qu'elle n'avait aucune présence militaire ni aucun déploiement dans la ville de Zintan ou ses environs. En outre, la brigade n'a reçu aucune instruction ni aucun ordre concernant la poursuite de Saif al-Islam Kadhafi.

 

La brigade a déclaré que cette question ne relevait pas de son mandat militaire ou sécuritaire, qu'elle n'était pas impliquée dans les événements de Zintan et qu'elle n'avait aucun lien direct ou indirect avec les affrontements qui s'y déroulaient.

 

La 444e brigade de combat a exhorté les médias et les utilisateurs des réseaux sociaux à vérifier les informations avant de les diffuser, à se fier aux déclarations officielles et à éviter d'être induits en erreur par des rumeurs visant à semer la confusion et à répandre des informations erronées, a déclaré LANA.

-0- PANA MA/BAI/IS 05fevr2026