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Soudan: les pourparlers de paix des parties en conflit en Centrafrique doivent éviter un échec qui serait catastrophique, selon le patron du CNR

Khartoum, Soudan (PANA) - La Centrafrique s'achemine vers une catastrophe, à moins que les prochains pourparlers de paix prévus jeudi à Khartoum, la capitale soudanaise, n'enregistrent un succès, a averti ce mercredi, le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés CNR), Jan Egeland.

Les parties en conflit en République centrafricaine vont se rencontrer pour des pourparlers de paix, sous l'égide de l'Union africaine, dans la capitale soudanaise.

"Des cycles répétés de violence qui ravagent ce pays qui figure parmi les nations les plus pauvres au monde ont poussé la résistance et la patience des populations à un point critique. Le pays va continuer à être au bord du gouffre, à moins que ses dirigeants et les groupes armés fournissent aux populations l'espoir d'une paix", a déclaré M. Egeland, au terme de sa récente visite dans ce pays de l'Afrique centrale.

En plus des pourparlers de paix initiés par l'Union africaine, le Conseil norvégien pour les réfugiés a lancé un appel pour une réunion internationale de haut niveau afin de remédier à la situation qui se détériore de plus en plus dans le pays et d'accroître la protection des populations et soutenir les efforts de reconstruction dans le pays.

"Le gouvernement central et la communauté internationale ont tous les deux échoué dans leurs recherches de solutions et de réponses à la crise. Nous avons présentement besoin de saisir cette opportunité pour empêcher le pays de glisser dans une guerre sans merci", a ajouté le patron du CNR.

"La plupart des localités en Centrafrique doivent faciliter aux organisations humanitaires un accès sûr auprès des populations en besoins d'assistance. La communauté internationale doit en même temps montrer sa volonté d’accélérer les efforts de secours et de rester sur place pour couvrir tous les besoins en cas de disponibilité d'aides", a souligné Egeland.

"Présentement, la volonté de la Communauté internationale de financer les efforts humanitaires et de développement en République centrafricaine n'a pas été sentie à sa juste mesure, exposant ainsi les populations sans travail et aux ventres affamés au recrutement des groupes armés qui se battent dans le pays pour le contrôle des ressources," a-t-il informé.

Selon le Conseil norvégien pour les réfugiés, la plupart du territoire de la République centrafricaine est désormais sous le contrôle des groupes armés d'opposition. En plus de cela, 2,9 millions de personnes, soit plus de 6 personnes sur 10, sont en état de besoin d'assistance humanitaire urgente.

L'année dernière, les pays donateurs avaient offert moins de la moitié des 516 millions de dollars américains requis pour les opérations humanitaires, laissant ainsi beaucoup de personnes privées d'aides nécessaires et vitales.

Pendant ce temps, l'agence de presse soudanaise semi-publique, le Media Center, a rapporté que les belligérants dans le conflit centrafricain vont discuter d'arrangements sécuritaires, de la mise sur pied d'un gouvernement de partage du pouvoir, mais aussi de la réinsertion des éléments de la rébellion dans les forces régulières de la Centrafrique.

-0- PANA MO/AR/BAD/TBM/SOC 23Janvier2019