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Le Bénin en guerre contre le harcèlement en milieu universitaire

Cotonou, Bénin(PANA) - Le Bénin pourrait  légiférer pour sanctionner davantage le harcèlement en milieu universitaire, apprend-on ce samedi de sources parlementaires.

Les députés béninois envisagent de durcir la législation en matière de harcèlement sexuel au vu des désagréments créés par le phénomène en milieu universitaire et dans les institutions de la République.

Lors d’une séance  plénière consacrée à la question, les députés béninois ont évalué l’arsenal juridique sur le sujet et suggéré que des dispositions plus dissuasives y soient ajoutées pour protéger les étudiantes.

Selon l’état des lieux de la question présenté par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mme Eléonore Yayi Ladékan, quatre cas ont été enregistrés à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), sept à l’Université de Parakou (Nord-Est) et trois à l’Université nationale des sciences technologiques, ingénierie et mathématiques (UNSTIM) d’Abomey (Centre).

Seule l’Université nationale d’Agriculture n’est jusque- là pas atteinte par le virus du harcèlement sexuel en milieu universitaire, note-t-on.

Pour prévenir les cas,  des actions de sensibilisation sont régulièrement menées pour attirer l’attention des acteurs du monde universitaire, surtout les étudiantes, sur l’existence du phénomène, ses manifestations et les comportements à avoir pour l’éviter.

Dans ce cadre, il a été créé à l’UAC, un Observatoire genre avec des points focaux dans toutes les entités de l’UAC et des boîtes à suggestions et à plaintes pour des dénonciations.

A titre de répression, des mesures disciplinaires sont également prises contre les auteurs des cas dénoncés et avérés qui font l’objet d’une enquête et d’audition.

Les sanctions administratives et académiques sont prononcées contre l’auteur épinglé qui est relevé de ses fonctions quand il s’agit  d’un responsable d’une entité universitaire.

Lorsque l’auteur du harcèlement est un simple enseignant, il est dessaisi de ses cours et redéployé à un autre poste administratif au niveau de l’Université en question où il servira en tant que collaborateur sous un autre responsable.

Plusieurs mesures sont également prévues par le gouvernement pour décourager les auteurs de harcèlement sexuel en milieu universitaire.

 Le plus souvent, les mis en cause répondent devant une commission administrative paritaire et l’Inspection générale du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique est parfois mise à contribution pour investiguer sur les cas dénoncés, indique-t-on.

 Les rapports des investigations peuvent être confiés à la justice pour que des sanctions pénales soient prononcées contre les auteurs, souligne-t-on.

 -0- PANA IT/JSG/SOC 09jan2021