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Lancement au Mali d'un projet pour promouvoir la liberté et la sécurité des femmes journalistes

Bamako, Mali (PANA) - La Maison de la presse, en collaboration avec le bureau de l’Unesco au Mali, ont procédé, vendredi à Bamako, au lancement d'un projet intitulé "Promotion de la sécurité des femmes journalistes au Mali" visant à œuvrer pour la promotion de la liberté et de la sécurité des femmes journalistes, a appris la PANA samedi de bonne source.

Financé par la Fondation PostCode de la Suède pour un montant global de 332.631 dollars (environ 183 millions de F CFA), ce projet d'une durée  de six mois, concerne le Mali, le Sénégal et le Sri-Lanka.  Son objectif est de promouvoir un environnement propice aux femmes journalistes, en vue de leur permettre de mener à bien leur travail en toute sécurité.

Plusieurs activités sont prévues notamment la réalisation d'une étude de base sur la sécurité des femmes journalistes, l'organisation d’un atelier de formation sur leurs droits et les techniques de protection liées à leur métier et l'organisation d'un autre autre atelier de formation destiné aux responsables de médias sur l’implémentation des politiques prenant en compte le genre au sein des rédactions.

Parmi les activités prévues figurent également l’édition, l’impression et la distribution de près de 500 copies du guide sur la sécurité des femmes journalistes élaboré par l’Unesco et Reporter sans frontières (RSF) lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

S’exprimant lors de la cérémonie de lancement du projet, le porte-parole du représentant de l’Unesco au Mali, Ali Kola Daou, a affirmé que les menaces contre la liberté d’expression dans le monde, surtout les agressions auxquelles font face les femmes journalistes s’accentuent de jour en jour, dont le harcèlement, la stigmatisation, le cyber-sexisme, les discours haineux sexistes, les agressions physiques et les viols.

En 2017, 48% de près 400 journalistes femmes de 50 pays qui ont répondu à une enquête en ligne du Fonds pour le journalisme d’investigation (FIJ) ont indiqué avoir été victimes de diverses formes de violence sexiste dans le cadre de leur travail, a-t-il ajouté.

Pour lui, le harcèlement contre les femmes journalistes prend souvent la forme d’attaques personnelles. Agressions qui, selon lui, tendent à être centrées non pas sur le contenu du reportage de la journaliste, mais sur le caractère de la femme.

Au Mali, le harcèlement sexuel est la forme la plus répandue de violence faite aux femmes journalistes, selon une étude préliminaire conduite auprès de quelques médias basés à Bamako et en régions, a précisé Ali Kola Daou, révélant que sur le terrain, au cours des reportages (missions et autres activités), de nombreuses journalistes témoignent avoir subi des attaques ou des avances à travers des mots, des regards, des remarques indécentes ou des propositions à peines voilées.

Il a indiqué que l’Unesco a, pour endiguer ce phénomène, inscrit dans ses priorités la promotion de la sécurité des journalistes femmes et la lutte contre l’impunité envers ceux qui les agressent. Cela, en vue de soutenir la liberté de la presse sur toutes les plateformes médiatiques.

Intervenant au nom de la Haute autorité de la communication (Hac), l'instance de régulation des médias au Mali, Mme Diallo Hati Maïga, a souhaité que "la mise en œuvre des activités prévues dans le cadre de ce projet contribueront à améliorer les conditions d’exercice de la profession par les femmes".

- 0 - PANA GT/BEH 27sept2020