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La fin du premier round du Forum du dialogue inter-libyen et la vision pour l'avenir de la Libye à la Une des journaux

Tripoli, Libye (PANA) - Les journaux libyens de cette semaine se sont attelés à la couverture de la fin du premier round du Forum du dialogue politique inter-libyens tenue du 9 au 15 novembre courant à Tunis, sous les auspices des Nations Unies, sans parvenir à la formation d'une autorité exécutive, amenant à s'interroger sur les raisons ayant empêché d'atteindre cet objectif.

La presse libyenne s'est intéressée aussi à la contribution dans le débat ambiant, des personnalités politiques libyennes sur leurs visions de l'avenir politique et leur conception pour y parvenir aux côtés de la couverture des concurrences que se livrent certains pays via leurs compagnies dans le course des marchés de reconstruction en Libye après le règlement la crise politique et sécuritaire.

Le journal Al-Wassat a écrit dans un papier d'analyse que "comme on pouvait s'y attendre lorsque tout le monde a abordé le domaine des nominations aux postes du nouvel organe exécutif, la polémique s'est intensifiée à l'intérieur de la salle, et les coulisses se sont enflammées, chacun a commencé à faire la promotion de ses candidats, au cours duquel toutes les méthodes connues ont été utilisées dans ce contexte, jusqu'à ce qu'il en vienne à parler de pots-de-vin qui ont atteint des sommes inattendues, d'après ce qui a été divulgué jusqu'à présent".

Ces propos ont éclipsé par leur écho, les documents importants atteints par le Forum, et le dossier des candidatures est devenu le seul à avoir échoué et a été reporté, sur quatre dossiers approuvés par les participants au Forum de Tunis, a ajouté le journal, précisant que c'était la raison pour laquelle un deuxième tour du dialogue politique a été lancé, mais cette fois via Internet, par la technique de la vidéoconférence.

Le journal a ajouté qu'il semble que "la marraine" du Forum, Stephanie Williams, Représentante spéciale par intérim du Secrétaire général de l'ONU et cheffe de la Mission d'Appui des Nations Unies ait tenté de compenser cette pierre d'achoppement, en activant la voie économique et en profitant des succès de l'accord militaire représenté dans la formation d'une unité mixte de protection des installations pétrolières, parallèlement à l'orientation vers la résolution de la question de la nomination d'un nouvel Envoyé de l'ONU en Libye après les concessions des Africains.

Il semble que la Mission de l'ONU, lors du deuxième tour du Forum de dialogue politique global, la semaine prochaine, abandonnera l'exclusion des anciens responsables pendant 12 mois jusqu'à ce que les élections soient organisées, dans le contexte de la persistance d'anciens responsables à se présenter aux postes de l'exécutif, malgré la suggestion de l'Envoyée intérimaire, Stephanie Williams, d'imposer des sanctions contre ceux qui font obstacles au processus politique, leur signalant la nécessité "d'interagir avec le changement, sinon ils disparaîtront à la manière de l'extinction des dinosaures".

Le journal Al-Wassat estime, néanmoins, que parvenir à un accord pour fixer la date des élections au 24 décembre 2021, ainsi que le document du mandat et de critères de candidature, a été considéré comme une avancée importante dans le processus politique pour régler la crise, étant donné que pour la première fois, il y a eu des discussions vives dans les pistes de dialogue sur l'existence de pots-de-vin et de menaces pour la sécurité de certains des membres participant au dialogue lors du vote pour sélectionner les titulaires, au cours duquel Mme Williams a évoqué une enquête approfondie à cet égard.

Les observateurs des affaires libyennes constatent, selon le journal, que les critères de choix du président du Conseil présidentiel ont été les principales raisons de l'échec de l'obtention de résultats sur une personnalité libyenne, ce qui l'oblige à former un certain consensus autour d'elle à l'Est et à l'Ouest pour mener l'étape suivante, et pouvoir contrer l'influence étrangère, en particulier celle parmi les tâches qu'il assume dont le poste de chef des forces armées et responsable de la politique étrangère, tandis que le choix du nom du Premier ministre peut être plus facile, car ce sera un gouvernement technocratique qui fournira des services et se préparera à l'organisation des prochaines élections.

Le journal a conclu que si le processus du dialogue et de la négociation, même si ce qui a été accompli en Tunisie, est encore long, selon les données existantes sur le terrain, qui est le résultat de 10 ans de désaccords et d'affrontements qui ont atteint le point de guerre plus d'une fois, la question qui se pose ici est de savoir si Stéphanie Williams peut mener le dialogue, vérifier à distance, ce qui était impossible de faire de près ?

De son côté, le journal Afrigatenews s'est intéressé aux débats sur les perspectives d'avenir se faisant l'écho de la contribution de l'ancien président du Conseil d'administration de l'Autorité libyenne d'investissement Dr. Mohsen Derregia, mettant en garde du danger de passer à une quatrième phase de transition sans jeter les bases de l'État libyen.

Dans un document analytique intitulé : "Aller aux élections ou passer à une autre phase de transition?", Derrgia a déclaré, selon le journal, que "le dialogue politique a commencé avec l'idée que la Libye doit unifier et renforcer ses institutions parce que la démocratie repose sur et avec des institutions fortes, et avec l'idée que l'économie doit se redresser et que les moyens de subsistance s'améliorent en fournissant des services d'une certaine manière mieux jusqu'à ce qu'il y ait une base sociale, économique et sécuritaire sur laquelle construire, et la période fixée pour atteindre ces objectifs allait de dix-huit mois à deux ans, se terminant par une Constitution et des élections.

Mais certains considéraient les élections comme plus importantes que les réformes économiques, la stabilité de l'électricité et la disponibilité de l'eau. Ils ont également vu que nous devions retourner vers la population pour une légitimité intégrale".

Ils ont raison, a ajouté l'ancien responsable économique, cité par le journal qui se demande, toutefois, "si les élections produiront-elles un parlement et un gouvernement résolus à construire des institutions étatiques? Les autorités élues peuvent-elles réussir à organiser le port d'armes et à élever les performances des institutions au niveau requis ? Les élections n’ont pas réussi à y parvenir dans le passé, lorsque la Libye était sous une autorité unifiée, est-ce que cela réussira quand nous serons avec toute cette division ?"

Afrigatenews a indiqué que M. Derregia a ajouté : "Ce qui est certain, c'est que toute autorité élue peut se transformer en pouvoir autoritaire en l'absence d'institutions judiciaires et de sécurité qui dissuadent la tyrannie. Ce qui est également certain, c'est que l'économie est essentielle à la stabilité des pays, car les élections ne nourrissent pas les affamés, ne réparent pas les routes et ne fournissent ni électricité ni eau. Nous allons donc dans une quatrième transition sans jeter les bases d'un État, et c'est là que réside le risque. Un gouvernement va-t-il prendre conscience de l'importance de jeter les bases de la stabilité, ou le conflit se poursuivra-t-il et le système de quotas se poursuivra-t-il?"

Revenant à la question de la concurrence des pays sur la Libye, le journal Al-Wassat a signalé que la percée dans le règlement de la crise interne qui s'est produite entre les deux parties au conflit libyen, après le cessez-le-feu, a encouragé ce que l'on pourrait appeler la "lutte de positionnement" entre les entreprises et les puissances internationales sur les parts de reconstruction des infrastructures, la reprise des projets d'exploration pétrolière et l'acquisition des exportations du marché libyen, ainsi que des ports.

Les pays qui cherchent un rôle économique en Libye sont, selon le journal, principalement l'Égypte, la Tunisie, la Turquie et l'Italie, qui sont divisés entre ceux qui sont pressés de voir la stabilité dans le pays et d'autres qui craignent que leurs intérêts changent avec le changement des responsables du Conseil présidentiel.

Le journal a conclu que le retour en force des entreprises étrangères devrait se heurter aux demandes d'indemnisation des gouvernements libyens successifs depuis 2011, dont les entreprises ont été endommagées par la guerre, car beaucoup d'entre elles ont déposé des plaintes en raison de pertes résultant du retard de leurs projets et de la perturbation de leurs équipements, selon les attentes des observateurs; alors que le ministère de l'Economie au sein du gouvernement d'union nationale comptait près de 14.000 projets, d'une valeur de plus de 140 milliards de dollars, en 2019, en attente depuis le début de la crise libyenne.
-0- PANA BY/IS/SOC 21nov2020