Agence Panafricaine d'information

La "444éme Brigade" de l'armée libyenne s'engage à respecter le cessez-le-feu

Tripoli Libye (PANA) - L'unité d'élite armée, connue sous le nom de "Brigade 444" en Libye a annoncé, samedi, son engagement à respecter le cessez-le-feu à Tripoli suite "aux ordres du Haut commandant et chef d'état-major de l'armée et du ministre de la Défense", tout en rejetant les accusations de financements qu'elle aurait reçu de l'extérieur, portées contre elle par le commandant militaire de Tripoli.

 

Cette annonce intervient au lendemain de violents affrontements survenus sur le périmètre de la caserne Khalifa El-Tekbali dans la zone de Salaheddine (banlieue de Tripoli), quartier de cette unité d'élite de l'armée et qui dépendait de la région militaire de Tripoli sous la tutelle de l'état-major de l'armée libyenne, rappelle-t-on.

 

Selon les commandant militaire de Tripoli, le général Abdelbaset Marouane, les affrontements survenus à l'intérieur de la zone militaire s'inscrivaient dans le cadre de la volonté de la hiérarchie militaire de corriger les dérives de la "444éme Brigade combattante" après "le constat fait sur son refus d'obéir aux ordres".

 

Il a ajouté avoir donné ordre aux membres de "l'organe d'appui à la stabilité" de prendre le contrôle des stocks d'armes de la Brigade au sein de laquelle on dénombre des individus étrangers aux services militaires".

 

La "444éme Brigade" a précisé, dans un communiqué publié, samedi, que sa décision de respecter le cessez-le-feu intervient après qu'elle a "repoussé une attaque surprise menée par un groupe de hors-la-loi qui avaient la volonté d'exécuter, vendredi, un ignoble agenda étranger".

 

Elle a fermement démenti les accusations sur les financements qu'elle aurait obtenu de l'étranger, demandant au commandant militaire de Tripoli, le général Abdelbaset Marouane de réexaminer "auprès du ministère de la Défense qui a payé la somme d'argent cité de façon traçable et régulière au plan administratif".

 

La Brigade s'est également "étonnée des accusations sur sa désobéissance des ordres et ce, malgré que le commandant militaire de Tripoli s'est appuyé sur un contingent composé de membres de la Brigade installés dans la caserne Khalifa El-Takbali, le même jour où il a fait ses déclarations".

 

Cette façon d'accuser "n'est pas professionnelle et nuit à l'armée libyenne dont les officiers sont connus pour leur grand professionnalisme et que la réalité prouve le contraire de ces accusations", a affirmé la "444éme Brigade", ajoutant que ses officiers "ont fait preuve d'un grand professionnalisme, d'une intelligence exceptionnelle et d'une compétence rare en assurant la sécurité, en faisant face aux criminels et en luttant contre toutes les formes de crime sur la totalité des sites sous sa tutelle".

 

Elle a affirmé avoir pris toutes les mesures légales "pour poursuivre et sanctionner tous ceux qui sont impliqués dans la provocation de l'anarchie, entraînant le trouble à l'ordre", mettant en garde que toutes les violations de l'ordre public feront l'objet de répression de façon rigoureuse et avec force.

 

Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, un des membres de la Brigade, entouré de personnes en cagoules, a affirmé que ses camarades et lui figurent au nombre de ceux qui ont attaqué la caserne et qu'ils sont membres de "l'organe d'appui à la stabilité", une des unités sécuritaires sous la tutelle du gouvernement, alors que le commandant militaire de Tripoli a démenti "toute relation des services de sécurité avec ces affrontements".

 

L'unité d'élite a annoncé que ses éléments sont déployés, ce samedi dans la ville de Tarhoina (120 km au Sud de Tripoli), à Béni Walid (180 km au Sud de la capitale), à Salaheddine, à Souani, à Kasser Ben Ghachir, à Souk Khames, à Seyah et à Sabiya (banlieues sud et sud-ouest de Tripoli), ainsi qu'à Wadi Rabii et Khalat Forjan (Banlieue est de la capitale), afin d'assurer la sécurité dans toutes ces parties du pays.

 

Le Conseil présidentiel libyen, en sa qualité de chef suprême de l'armée, a donné des instructions à l'état-major de l'armée d'enquêter sur les causes de ces affrontements qui ont fait des morts et blessés et causé des dégâts matériels tout en terrifiant les populations civiles.

 

Pour sa part, le Premier ministre Abdel-Hamid Dbaiba a présidé, samedi, une réunion avec la hiérarchie militaire mais aucune information n'a filtré de la rencontre.

 

La Mission d’appui des Nations unies en Libye a exprimé "sa profonde préoccupation" face à ces combats qui ont enregistré des tirs d'armes anarchiques à Salaheddine, un quartier populaire de la capitale.

 

Dans un communiqué publié vendredi, la MANUL a appelé à l'arrêt immédiat des combats, exhortant toutes les parties à faire preuve de retenue et à assurer la protection des civils et des structures civiles, conformément au droit international.

-0- PANA AD/IN/IS 05sept2021