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L'ONU est "extrêmement préoccupée" par la sécurité des civils vivant dans la capitale régionale du Tigre, alors que le nombre de réfugiés augmente

New York, Etats-Unis (PANA) - L'ONU s'est déclarée "extrêmement préoccupée" par la sécurité des civils dans toute la région du Tigré, en Ethiopie, lundi, alors que les combats entre les troupes gouvernementales et celles loyales au Front populaire de libération du Tigré (TPLF) se poursuivent, le Premier ministre éthiopien ayant appelé les forces d'opposition présentes dans la capitale, Mekelle, à se rendre d'ici mercredi.

En raison d'un black-out presque total des communications à travers le Tigré, les faits s’avèrent difficiles à établir sur le terrain, mais le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré aux correspondants présents au siège de l'ONU que plus d'un demi-million de personnes sont restées à Mekelle "suite à des informations selon lesquelles les combats pourraient se déplacer dans la ville dans les prochaines heures".

Le TPLF était auparavant le parti politique dominant en Ethiopie avant de perdre les élections en 2018, avec l’arrivée d’Abiy Amed qui a remporté le poste de Premier ministre en avril, formant une coalition gouvernementale que le TPLF aurait refusé de rejoindre.

Le leader du TLPF aurait rejeté l'ultimatum de capitulation et s'est engagé à poursuivre les combats, niant également que Mekelle ait été encerclé lundi.

"L'ONU et ses partenaires humanitaires en Ethiopie appellent de toute urgence toutes les parties au conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit humanitaire international et à protéger les civils et les infrastructures civiles, notamment les installations sanitaires et les systèmes d'eau", a ajouté M. Dujarric.

Les agences humanitaires soulignent qu'il est urgent que toutes les parties au conflit permettent la circulation libre et sûre des civils qui fuient à la recherche de sécurité et d'assistance, "y compris à travers les frontières internationales et nationales, quelle que soit leur identification ethnique", a-t-il déclaré.

L'ONU et ses partenaires en Ethiopie sont prêts à fournir une aide humanitaire aux personnes touchées par le conflit; le porte-parole des Nations Unies a clairement indiqué cependant que pour que l'aide parvienne à ceux qui en ont besoin, "un accès humanitaire libre, sûr et sans entrave est nécessaire de toute urgence".

Près de 39 000 personnes ont maintenant fui vers le Soudan voisin, dont 17 000 enfants. La réponse s'intensifie, a-t-il ajouté, "mais l'afflux d'arrivants dépasse les capacités sur le terrain et un financement supplémentaire est nécessaire de toute urgence".

Le HCR, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, a commencé à transférer les réfugiés des centres de transit vers un camp de déplacés à Um Raquba, où l'agence des Nations Unies pour la santé reproductive et maternelle, le FNUAP travaille avec des partenaires pour fournir des services essentiels.

Un communiqué des Nations Unies a souligné que la majorité des réfugiés déplacés sont des femmes et des enfants : "J'ai vu des hommes se faire massacrer sous mes propres yeux. Je ne peux pas l'oublier", a déclaré une jeune femme aux responsables du FNUAP dans un camp situe au Sud-Est du Soudan, à Um Raquba, lors d'une évaluation des besoins ces derniers jours.

"Je me suis enfuie de chez moi quand les coups de feu ont éclaté. Je ne sais toujours pas où se trouvent mon père et mes frères".

Le communiqué note que beaucoup de femmes et de filles craignent pour leur sécurité. La vulnérabilité à la violence basée sur le genre augmente souvent lors des crises humanitaires.

"Quand je suis partie, j'ai fui avec sept enfants. Nous avons voyagé pendant quatre nuits à pied à travers la brousse et la forêt. Pendant la journée, nous nous sommes cachés", a déclaré au FNUAP une réfugiée de 37 ans. "J'ai deux filles, de 20 et 18 ans. Je ne peux pas dormir sur mes deux oreilles parce que je m'inquiète pour la sécurité de mes filles".

En outre, les réfugiés ne disposent pas de toilettes sûres, ni de douches privées. Les femmes et les filles ont dû marcher sur une certaine distance pour faire leurs besoins en plein air, ce qui les expose à des violences potentielles.

Le FNUAP et ses partenaires interviennent pour prévenir la violence basée sur le genre et y répondre. Les premiers soins psychologiques et les conseils en cas de traumatisme sont nécessaires de toute urgence, a déclaré l'agence.

-0- PANA MA/AKA/IS/SOC 24nov2020