Intensification des attaques terroristes contre la MINUSMA et les Forces armées maliennes, selon le rapport trimestriel du Sécretaire général del'ONU

Bamako, Mali (PANA) - Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déploré, dans son rapport trimestriel présenté devant le Conseil de sécurité, les conditions de sécurité qui se sont dégradées et les attaques dirigées contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) et contre les Forces armées maliennes (FAMAs) qui se sont intensifiées.

Selon le rapport de Antonio Guterres, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM, djihadiste), a continué d’accroître sa capacité opérationnelle et d’étendre la zone dans laquelle il intervient, en particulier dans les régions de Mopti et de Ségou, au centre du Mali.

"On a ainsi observé une augmentation des attaques meurtrières entre 2016 et 2017. En effet, tandis que le nombre d’attaques à l’engin explosif improvisé est resté relativement stable, avec 130 attaques recensées en 2017 contre 139 en 2016, le nombre de victimes a augmenté de manière considérable, avec 141 morts et 309 blessés en 2017, contre 70 morts et 184 blessés en 2016", note le rapport.

Selon le document, les conditions de sécurité restent extrêmement préoccupantes dans le Nord et le Centre du Mali, notamment dans les régions de Mopti et de Ségou, relevant qu'un deuil national a été décrété à la suite d’une série d’attaques ayant fait des dizaines de morts dans les régions de Ségou, Tombouctou et Ménaka, entre les 25 et 28 janvier.

Les attaques menées dans la zone de Nampala-Diabali, dans la région de Ségou, ont entamé le moral de l’Armée malienne, donné lieu à des manifestations des familles de soldats qui protestaient contre leur redéploiement dans le camp et entraîné la désertion de 36 gendarmes qui ont été arrêtés le 17 janvier.

La capacité du gouvernement de protéger la population et les forces armées dans la zone s’en est trouvée remise en question, souligne le rapport.

Durant cette période, le rapport indique que les groupes terroristes ont mené 63 attaques, à savoir 37 contre les FAMAs, 20 contre la MINUSMA, 5 contre un groupe armé signataire et 3 contre les forces françaises "Barkhane".

Les attaques ont été plus nombreuses dans les régions de Mopti (24), Kidal (16), Gao (8), Tombouctou (5), Ségou (4), Ménaka (3) et Koulikoro (3).

Selon le rapport, le GSIM s'est révélé très actif dans les régions de Gao, de Kidal et de Ménaka (nord) et a revendiqué la plupart des attaques survenues durant la période considérée.

Le nombre de victimes a diminué: 4 soldats de la MINUSMA ont été tués et 12 blessés, auxquels, il faut ajouter 1 mort (et aucun blessé) parmi les sous-traitants de la MINUSMA, alors que pendant la période précédente, on avait recensé 11 morts et 44 blessés dans les rangs du personnel de maintien de la paix.

Les forces de l’opération "Barkhane" ont enregistré 2 morts et 4 blessés, contre 3 blessés pendant la période précédente.

Le rapport note  que les FAMAs ont été les plus gravement touchées par les attaques: 45 soldats ont été tués et 80 blessés, contre 23 tués et 8 blessés pour la période précédente.

Les attaques contre les FAMAs ont été les plus nombreuses dans les régions de Mopti (17), puis Gao (5), Ségou (4), Tombouctou (3), Koulikoro (2) et Ménaka (2).

Le rapport indique que les assaillants ont eu recours à des armes de petit calibre,  à des engins explosifs improvisés ou à des mines, ou encore à des armes de petit calibre et à des engins explosifs en même temps (attaques complexes).

Les attentats terroristes ont fait 20 morts et 12 blessés parmi les groupes armés signataires, alors que pendant la période précédente, il y avait eu 2 tués et aucun blessé dans leurs rangs, précise le rapport.

Le Mali connait, depuis 2012, une grave crise sécuritaire qui persiste de nos jours avec des attaques fréquentes des djihadistes de tous bords, surtout, dans les régions du Nord et du Centre du pays.
-0- PANA GT/JSG/IBA 06avr2018

06 avril 2018 11:51:40




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