Installation du bureau du GIABA à Dakar

Dakar- Sénégal (PANA) -- Le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'ouest 'GIABA', une structure de lutte contre le blanchiment des produits du crime, a été officiellement installé mercredi à Dakar.
La décision de doter la sous-région ouest africaine de cette structure de lutte contre le blanchiment a été prise par la 22ème session de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) tenue à Lomé au Togo en décembre.
Une réunion ministérielle à Dakar au Sénégal avait élaboré ses statuts en novembre 2000 qui ont été adoptés par la 24ème session de la Conférence à Bamako, au Mali le 15 novembre 2000, indique-t-on.
L'objectif du GIABA est d'assurer la protection des systèmes financiers et bancaires contre l'argent du crime et de renforcer la coopération régionale par la mise en oeuvre harmonisée et concertée de mesures de lutte appropriées.
Pour cela, il fera des recommandations aux Etats ouest africains pour la mise en oeuvre du Plan d'action contre le blanchiment d'argent adopté par les Nations unies en 1998 ainsi que l'application des propositions du Groupe d'action financier contre le blanchiment des capitaux (GAFI) et des conventions et traités internationaux en la matière.
Le groupe assistera aussi les Etats membres dans l'établissement de textes législatifs et réglementaires, le développement de modèles d'instruments juridiques relatifs aux mesures de lutte contre le blanchiment aux plans policiers et judiciaires, et l'établissement d'unités de renseignements financiers.
Pour le représentant du secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), M.
Mamadou Guèye, "les institutions financières, judiciaires et les forces de sécurité constituent les principales actrices dans ce processus de contrôle".
Cependant, estime-t-il, le combat contre l'économie criminelle requiert aussi la sensibilisation des populations "en vue de soutenir la transparence et l'intégrité contre la corruption".
Il en va de même de la participation de la société civile, des media en particulier "qui sont d'une contribution significatives".
Pour sa part, le ministre sénégalais de l'Intérieur, le général Mamadou Niang, a estimé nécessaire de faire d'abord l'état des lieux dans le domaine du blanchiment en Afrique de l'ouest et de sensibiliser en premier lieu les décideurs politiques sur la menace réelle que constitue ce phénomène sur le fonctionnement et même sur l'existence des Etats démocratiques.
Pour lui, le GIABA doit s'atteler à la formation aussi bien des décideurs que des acteurs de la lutte et à encourager les Etats à adopter une législation "d'abord sous régionale et ensuite nationale" contre le blanchiment de l'argent sale.
Par ailleurs, ajoute le ministre, le groupe doit oeuvrer "à la création de structures nationales et de mécanismes appropriés à conduire la lutte contre le blanchiment, en raison de la spécificité du phénomène".
Enfin, la nouvelle organisation doit développer la coopération avec ses Etats membres et tous les organismes similaires dans le monde, comme le GAFI et le Programme mondial anti blanchiment du Programme des Nations unies pour le contrôle des drogues (PNUCID).
Le magistrat sénégalais, Mamadou Lamine Fofana, par ailleurs chargé de la coordination du Comité interministériel de lutte contre la drogue, est également le coordonnateur du GIABA dont le Sénégal assure le fonctionnement du secrétariat administratif pendant une période transitoire.

25 juillet 2001 17:29:00




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