Il sera difficile de parvenir à une monnaie unique de la CEDEAO en 2020, selon le président ivoirien

Niamey, Niger (PANA) - Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a estimé, mercredi, à Niamey, qu’il sera difficile de parvenir à une monnaie unique de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en 2020.

"A mon humble avis, il ne sera pas facile d'avoir la monnaie unique en 2020. Nous allons proposer en 2019 une évaluation et à partir de là, nous verrons si nous maintenons 2020 avec les pays qui remplissent les critères ou si nous voulons donner un nouveau délai pour aller de l'avant. C'est dire que c'est une évolution graduelle, souple, mais avec en même temps une volonté politique d'avoir la monnaie unique en 2020", a indiqué Alassane Ouattara, au cours d'une conférence de presse à l’issue de la réunion du Groupe de travail de la CEDEAO sur la monnaie unique, tenue mardi à Niamey.

Pour Alassane Ouattara, la monnaie unique de la CEDEAO est une question importante pour des pays ayant suivi les questions d'intégration depuis de nombreuses années.

"Il est important de tout faire pour avoir la monnaie unique en 2020, ce qui n'est pas chose facile, mais possible. C'est pourquoi, il est nécessaire de prendre un certain nombre de mesures", a-t-il estimé, saluant celles prises par l'ensemble des Etats de la CEDEAO au cours de ces dernières années.

Le chef de l'Etat ivoirien a souligné que cela demandait la poursuite des mesures de restructuration, de développement.

"Il faut, en premier lieu, continuer ces mesures structurelles, budgétaires, afin d'être sûr que les économies de l'espace CEDEAO sont capables de résister aux crises actuelles, qu'elles soient endogènes ou exogènes. La 2ème chose, c'est de faire en sorte qu'il y ait des politiques de convergence", a-t-il soutenu.

Il a précisé qu’il y a les critères de premier plan que tous les Etats doivent respecter et les critères secondaires concernant, entre autres, les questions de taux d'inflation, le déficit budgétaire, de niveau de la dette extérieure, le financement de déficit, etc.

A ce sujet, Alassane Ouattara a rappelé que, de 2012 à 2015, son pays avait respecté tous les critères de convergence, aussi bien les critères premiers que ceux secondaires.

"Suite à la crise du cacao et les problèmes endogènes, la Côte d'Ivoire a dû relâcher un tout petit peu en 2016 et maintenant en 2017, et le déficit est remonté à 4 et 4,5 pc, mais nous avons l'objectif de ramener ce déficit à 3 pc en 2019, ce qui permettra à la Côte d'Ivoire de respecter en 2019 tous ces critères", a-t-il expliqué.

Parlant du franc CFA, Alassane Ouattara a avoué que les pays de la zone de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sont ceux qui respectent le plus grand nombre de critères de convergence.

Aussi, a-t-il demandé aux uns et aux autres de faire confiance aux responsables des banques centrales "qui sont de gens très compétents".

Il a rassuré sur la volonté politique des chefs d'Etat d'avoir la monnaie unique en 2020.

"Nous sommes attachés au franc CFA, mais nous voulons la monnaie unique dans le meilleur délai", a-t-il assuré.

Pour le président ivoirien, tous les pays doivent être dans la même dynamique de faire en sorte qu'en 2019 au moins, les critères de premier plan soient respectés pour avoir une monnaie de la CEDEAO.

"Il me parait difficile a priori, mais il faut avoir une vision, une volonté politique.
Pour ce faire, nous avons la surveillance multilatérale, mais cela ne suffit pas; nous avons considéré qu'il faut une surveillance internationale. La plupart des Etats doivent accepter qu'il y ait l'évaluation de leur économie au-delà de la zone de la CEDEAO pour être sûr que nous sommes sur la bonne voie pour que nous convergions vers les critères du premier plan et vers les critères secondaires", a-t-il notifié.

Le président ivoirien a indiqué que pour atteindre l'objectif de la monnaie unique de la CEDEAO, les chefs d'Etat ont décidé de la mise en place d'un comité ministériel qui doit travailler sur la question durant trois mois.

A l'issue de cette période, les chefs d'Etat vont se réunir en février 2018 à Accra, au Ghana, en vue de faire une évaluation.
-0- PANA SA/JSG/SOC 25oct2017

25 octobre 2017 09:09:37




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