Yar’Adua change les promesses de Obasanjo sur le gouvernement d'union

Accra- Ghana (PANA) – La deuxième journée du 9ème -sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l'Union africaine, dont les travaux ont pris fin tard dans la soirée de lundi à Accra après huit heures de débat, a été notamment marqué par le ralliement du Nigeria au camp des gradualistes à propos de la formation d'un gouvernement fédéral.
Dans sa déclaration, dont la PANA a obtenu copie, le président nigérian, Umaru Yar'Adua, a changé de position par rapport à son prédécesseur, Olusegun Obasanjo, partisan ferme de la mise en place du gouvernement fédéral africain.
S’il ne remet pas en cause la pertinence du gouvernement d'union, il a estimé nécessaire de parfaire l’intégration économique avant d’aller vers l’unité politique.
Les pays africains, a-t-il dit, ont d’abord besoin de renforcer la gouvernance interne et l’intégration régionale, avant de songer à aller vers le gouvernement fédéral.
On rappelle que lors du sommet d'Addis-Abeba, en janvier dernier, le président Obasanjo avait apporté son appui à la déclaration du président Wade pour la tenue à Accra, du Grand débat sur le gouvernement continental.
Il s’était résolument rangé du côté des "radicaux".
Autre position exprimée à Accra qui a surpris les "radicaux", celle du Burkina Faso, qui a plaidé pour une démarche graduelle vers le gouvernement fédéral.
En l’absence du président Blaise Compaoré, reparti dans son pays dimanche après l’ouverture du sommet, c’est son ministre des Affaires étrangères qui est monté à la tribune pour souligner que le Burkina Faso souhaite d’abord la réussite de l’intégration économique avant la mise en place du gouvernement continental.
De même, le Soudan qui était catalogué parmi les "radicaux", a aussi nuancé sa position.
Le président Omar el-Béchir n'a pas fait le déplacement du Ghana et a laissé à son ministre des Affaires étrangères le soin de s'exprimer en faveur de l'approche gradualiste qui conditionne la mise en place du gouvernement fédéral par la réussite de l’intégration économique.
Dans le camp des "radicaux", le président Oumar Bongo Ondimba s’est signalé pour défendre la mise en place "rapide" du gouvernement continental.
"L’Afrique doit éviter l’immobilisme du statu quo, car tout ce qui n’avance pas recule", a-t-il dit, ajoutant que "le gouvernement de l’UA répond à notre volonté commune de résoudre collectivement les défis de préparer une Afrique prospère pour les générations futures".
Pour convaincre ses pairs, le président Bongo reprend une déclaration faite par Kwame Nkrumah en 1961: "(…) Unie, l’Afrique pourrait devenir et, pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde (…) Unie sous un Gouvernement fédéral, elle émergera non pas comme un bloc prompt à étaler sa richesse et sa forces, mais comme une grande force dont la grandeur est indestructible, parce qu’elle est basée sur l’espoir, la confiance, l’amitié et dirigée pour le bien de toute l’humanité".
Prenant la parole après le président Bongo, le Premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté, a aussi dénoncé l’attitude des gradualistes.
Pour avoir été ancien secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il se dit bien placé pour savoir que "les communautés économiques régionales ne mènent nulle part", ajoutant qu’elles ont échoué dans leur volonté d’intégrer les économies africaines.
Attendu à ce sommet d’Accra, où il incarne le chef de file des "radicaux", le guide libyen Mouammar Kadhafi, s’est pour le moment signalé par son mutisme.
Il devrait intervenir ce mardi, à la reprise du Grand débat sur le gouvernement fédéral, a-t-on affirmé de sources libyennes.
Le Guide libyen, ajoute ces mêmes sources, s’active surtout dans les coulisses pour rallier à sa cause des chefs d’Etat africains encore hésitants.
On rappelle que la neuvième conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine devrait prendre fin ce mardi, après trois jours de débat, par une déclaration finale.

03 juillet 2007 13:10:00




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