Vers une rentrée scolaire 2016-2017 avec un peu de moral au Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a annoncé, mardi, un double événement de la rentrée scolaire 2016-2017 au 26 septembre prochain, après un mois de suspens et de la «troisième place» dont s’est adjugé le Burundi au classement général des «Performances des systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne francophone» (PASEC).

Les dix pays qui ont fait l’objet de la première évaluation internationale du PASEC, en 2014, sont le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Congo, la Côte d’ivoire, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

Malgré les progrès réalisés et les engagements des Etats, la qualité de l’éducation reste un immense défi pour la plupart des pays francophones du Sud, souligne, en substance, l’évaluation.

Au Burundi, l’année scolaire 2015-2016 a particulièrement souffert de la crise politique marquée par l’instrumentalisation des jeunes dont certains ont été tués, d’autres préférant fuir le pays, quand ils ne croupissent pas en prison aujourd’hui encore.

La nouvelle rentrée scolaire se profile à l’horizon au moment où l’école burundaise ressemble à un vaste chantier inachevé et connaît pas mal de problèmes pédagogiques et matériels.

C’est notamment le cas des écoles de métiers que l’Etat a mis en chantier dans chacune des communes du pays pour recycler les naufragés du primaire public, font remarquer les milieux éducatifs du pays.

Le ministère de l’Education nationale reconnaît plus de 100.000 jeunes naufragés du primaire auxquels il propose des écoles de métiers comme bouée de sauvetage.

Une année blanche attend d’autres petits du primaire qui n’ont réussi que les simples cours et échoué aux épreuves d’accès au secondaire.

Le ministère a décidé de leur donner une nouvelle chance de repasser le test national d’accès au secondaire, l’année prochaine, non sans susciter des inquiétudes chez les parents face au risque de voir leurs rejetons souffrir des conséquences du désœuvrement prolongé.

Par ailleurs, à la veille de la rentrée scolaire, le même ministère tâtonne et n’a pas encore livré le contenu exact, ni trouvé toutes les ressources humaines et matérielles nécessaires à faire démarrer sa réforme-phare de nouvelles «écoles d’excellence».

A compter de la nouvelle rentrée scolaire, le ministère de l’Education nationale prévoit encore de supprimer le système d’internat public, ce qui mécontente déjà les enfants et les parents de conditions socio-économiques modestes.

Du côté des enseignants, une opération controversée de redéploiement des enseignants à grande échelle a laissé des séquelles qui risquent de donner lieu à des flottements dans le démarrage de la nouvelle année scolaire, avisent les syndicats.
-0- PANA FB/IS/IBA 20sept2016

20 septembre 2016 11:57:04




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