Vers un budget (provisoire) de "solidarité" pour l'UA

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- Les chefs d'Etat présents au 3ème sommet de l'Union africaine ouvert mardi à Addis-Abeba ont convenu de mener des consultations en vue de mettre un "budget de solidarité" à la disposition de la Commission, en attendant les suggestions d'une "session spéciale" que le Conseil exécutif entend organiser sur cette question dans les trois prochains mois, a appris la PANA, mercredi, de source digne de foi dans la capitale éthiopienne.
Au terme de la deuxième séance du sommet, ce point, qui était en examen depuis le premier jour de la conférence, "a été finalement tranché, à une réserve près, dans le sens des recommandations de la 5ème session ordinaire du Conseil exécutif", a précisé la source.
Selon cette source, la seule nouveauté introduite est qu'il a été décidé que les chefs d'Etat ne quitteront pas Addis-Abeba sans donner à Alpha Oumar Konaré "une idée du montant qu'ils entendent lui laisser dans l'immédiat", face à l'urgence et à l'ampleur des nouveaux besoins financiers de la Commission qui doit fonctionner d'ici là, étoffer son personnel et poursuivre ses actions.
En retour, il est demandé au président de la Commission de mettre à profit ce délai supplémentaire pour mieux chiffrer ses programmes et faire parvenir à chaque pays, avant la session spéciale du Conseil exécutif, le montant exact des sommes que la Commission attend de lui.
Selon des délégués qui ont suivi depuis hier ce débat à huis clos, aucun chef de délégation, parmi la trentaine qui ont pris la parole entre hier et aujourd'hui, ne s'est hasardé à engager publiquement son pays sur le principe de l'affectation automatique des 0,5% des budgets nationaux dont rêve la Commission.
La délégation qui est allée le plus loin sur cette question, a relevé que les sommes réclamées par M.
Konaré seraient même insuffisantes.
Elle aurait promis de fournir au besoin, d'ici décembre, "un document dans lequel seraient proposés des mécanismes fiables de financement de la Commission", tout en écartant implicitement cependant de son champ de réflexion, cette idée de ponction directe à opérer sur les budgets nationaux.
Tous (les chefs d'Etat) ou presque, se sont, en revanche, félicités de la Vision "claire, généreuse, ambitieuse et pragmatique" exposée par leur ancien homologue.
D'aucun ont même recommandé qu'elle face l'objet "de la plus large diffusion possible, jusqu'au niveau des universités, lycées et écoles africaines les plus lointains", pour que nul n'ignore où l'Union africaine veut désormais aller.
D'autres pensent que, bien que "clairvoyant", ce document d'orientation n'en est pas moins perfectible.
Il lui manque un ordre de priorités et il tirerait davantage de clarté s'il était fait référence aux sommes globales qui seront destinées aux besoins de fonctionnement de la machine administrative panafricaine d'une part, à l'enveloppe qui serait effectivement affectée au financement des programmes et projets, d'autre part.
Du côté de la Commission africaine, les premières réactions ne trahissent aucune déception.
En fait, a confié, mercredi, un haut fonctionnaire à la PANA, "nous avons toujours gardé nos pieds sur terre.
C'est pourquoi, ce qui vient de nous être proposé au plus haut niveau, n'est pas éloigné de notre attente minimale".
"Nous aurions été plus embarrassés si, en suivant à la lettre les recommandations des ministres des Affaires étrangères, les chefs d'Etat nous laissaient avec leurs arriérés sur les bras, reconduisaient simplement le budget de transition et nous demandaient de garder patience pour qu'on y voit plus clair d'ici au prochain exercice".
"Heureusement qu'ils pensent nous encourager selon le mot du président Obasanjo, en nous promettant quelque chose avant de partir.
Le tout est de savoir maintenant, à combien cela va se chiffrer au terme des consultations en cours", s'est-il interrogé, l'air légèrement soucieux.

07 juillet 2004 12:40:00




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