Vers la création d’une monnaie commune des pays membres de la CEDEAO

Niamey, Niger (PANA) - Le chef de l’Etat ghanéen, John Dramani Mahama, par ailleurs président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a plaidé lundi soir à Niamey pour la réalisation des critères de convergence pour la création effective d'une monnaie unique d'ici 2020.

John Dramani Mahama, qui effectuait lundi une visite de travail à Niamey dans le cadre de la troisième réunion du groupe de travail présidentiel sur l'état de la convergence monétaire au sein de l'espace CEDEAO, a laissé entendre que la difficulté résidait surtout au niveau des pays qui ne sont pas dans une union monétaire comme le Nigeria, le Liberia, la Serra Leone et le Ghana.

C'est pourquoi, a-t-il indiqué, ''nous devons travailler pour la réalisation des critères de convergence retenus lors la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement pour la marche effective vers la monnaie unique d'ici 2020".

On rappelle que le président nigérien, Mahamadou Issoufou et son homologue ghanéen sont été désignés par leurs pairs à l'issue du sommet extraordinaire de la CEDEAO, tenu en octobre 2013 à Dakar, pour superviser le suivi de la création de la monnaie unique dans les délais prévus.

L'objectif de la réunion de Niamey est de faire le point de la feuille de route relative à la réalisation d'ici 2020 de la monnaie unique de la CEDEAO, de discuter d'une proposition de la Commission de la CEDEAO sur la création à l'horizon 2018 d'un Institut monétaire de la CEDEAO et d'examiner les préoccupations soulevées par le Conseil de convergence de la ZMAO sur les critères de convergence révisés et adoptés.

Les deux chefs d'Etat ont eu un entretien en tête-à-tête, puis une séance de travail élargie aux deux délégations.

Le président Issoufou a expliqué que, suite au sommet de Dakar, son homologue ghanéen et lui avaient mis en place chacun un comité d'experts pour les assister au plan technique dans la conduite de ce projet ambitieux dont l'objectif est de renforcer et d'accroître les échanges économiques et les transactions financières entre les pays de l'Afrique de l'Ouest.

Ainsi, pour accélérer la réalisation du projet, les deux chefs d'Etat ont décidé d'associer à ces comités d'experts, la Commission de la CEDEAO.

Dans cette optique et sous l'égide de la CEDEAO, il a été mis en place une "task force" chargée d'approfondir les réflexions sur la monnaie unique dans l'espace communautaire.

Cette "task force" a eu trois réunions à Niamey et à Accra, sanctionnées par une feuille de route et les modalités de fusion de l'Agence monétaire de l'Afrique de l'Ouest (AMAO) et de l'Institut monétaire de Afrique de l'Ouest (IMAO) et la création de l'Institut monétaire de la CEDEAO d'ici 2018.

Par rapport aux critères de convergence, le président nigérien a précisé qu'au début il y avait jusqu'à 11 critères. Cependant le recentrage a permis de les réduire pour retenir trois critères de convergence de premier rang et trois autres de second rang.

Selon le chef de l’Etat nigérien, la "task force" a travaillé d'arrache-pied à travers une série de réunions ayant permis de prendre des décisions. qui ont été d'ailleurs soumises à la conférence des chefs d'Etat et de gouvernement tenue à Yamousokro, en Cote d'Ivoire.

Parmi les décisions entérinées lors de cette conférence, figurent l'abandon de l'approche à deux vitesses pour la création de la monnaie unique, l'adoption de l'approche progressive modifiée vers la monnaie unique, le recentrage des critères de convergence, la rationalisation des organes et institutions qui concourent vers la création de la monnaie unique en l'occurrence l'AMAO et l'IMAO et l'engagement ferme des chefs d'Etat à faire réviser la feuille de route afin que la monnaie unique puisse être effective à l'échéance 2020.
-0- PANA SA/JSG/IBA 10fev2015

10 février 2015 09:52:14




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