Vers l’introduction d’un système de «prêt-bourse» dans les universités publiques du Burundi

Bujumbura, Burundi (PANA) - Un nouveau système de bourses d’études et de stages à crédit va entrer en vigueur dès le début de l’année 2017 dans les universités publiques du Burundi pour, entre autres, diminuer l’impact budgétaire des redoublements et des mouvements de grève, car «pas de cours, pas de subsides de l’Etat» dans l'avenir, a-t-on appris, lundi, de source proche du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Une note dans ce sens du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à l’attention des 14.000 boursiers de l’Etat se réfère aux «Etats généraux de l’Education de décembre 2014» dont l’une des recommandations portait sur l’introduction rapide du système de prêt-bourse.

L’autre objectif avoué étant de s’adapter aux pratiques régionales et internationales en matière d’Enseignement supérieur ; « le Burundi étant l’unique pays au monde à encore attribuer des bourses gratuites aux étudiants».

Par contre, les lauréats du secondaire qui se seront distingués vont être encouragés par l’attribution d’une bourse d’excellence gratuite, d’après la même source.

Au Burundi, les écoles d’excellence sont une autre réforme-phare du secteur de l’Education nationale qui a été introduite à la rentrée scolaire 2016-2017 de septembre dernier.

D’un autre côté, les boursiers qui ne rentrent pas au pays pour y prester pendant au moins deux ans après leurs études, « remboursent la totalité de la bourse perçue ».

Une précédente tentative d’introduction du système de prêt-bourse s’était heurtée à une forte résistance des étudiants par des grèves dans les années 1980, poussant le gouvernement de l’époque à abandonner son projet.

On assiste à nouveau à une grogne en sourdine chez les étudiants des universités publiques issus majoritairement des milieux socio-économiques pauvres et qui estiment que les études à crédit seront difficiles à rembourser au regard de la modicité des salaires dans la Fonction publique du pays.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique avait encore fâché précédemment les étudiants des universités publiques en supprimant le petit déjeuner des services sociaux, là aussi pour des raisons budgétaires.

Dans beaucoup de secteurs de la vie nationale, le gouvernement burundais a dû opérer des coupes budgétaires drastiques ; les bailleurs de fonds traditionnels lui ayant tourné le dos à cause de la crise politique et des droits humains internes en cours depuis plus d’un an et demi.
-0- PANA FB/IS/IBA 14nov2016




14 novembre 2016 14:32:13




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