Universitaires libyens et camerounais saluent la création de l'Ua

Douala- Cameroun (PANA) -- Des universitaires libyens et camerounais, ont salué lors d'une table ronde à Douala, la naissance de l'Union africaine et se sont félicités de la place que ce traité, déjà ratifié par 37 Etats membres, accorde à la société civile.
Le militant panafricaniste Maurice Tadadjeu, modérateur de la table ronde organisée par l'association "Terre des hommes", a notamment magnifié l'acte constitutif de l'Union et salué la place qu'elle accorde dès sa naissance, à la société civile.
Au terme de l'article 22 de l'acte constitutif de l'Union adopté en juillet dernier à Lomé, au Togo, relève Tafadjeu, les associations, Ong et organisations professionnelles sont officiellement appelées, pour la première fois à ce niveau, à jouer statutairement, un rôle de conseiller économique, social et culturel pour la nouvelle structure panafricaine.
L'universitaire camerounais bien connu pour son action fédératrice des associations de soutien à l'unité africaine, a par ailleurs invité les Etats à donner le pouvoir à l'Union, de délivrer "un passeport africain unique" à tout Africain de la diaspora qui demanderait à venir sur la terre de ses ancêtres, afin de s'y installer ou d'y faire des affaires.
Il serait demandé parallèlement aux non Africains comme à leurs produits, de s'acquitter d'une taxe symbolique pour toute entrée sur le continent, dont les fonds seraient destinés au financement de projets continentaux et au fonctionnement des organismes de recherche ou d'intégration panafricains.
L'égyptologue camerounais, le Pr.
Fabien Kange Ewanè de l'Université de Yaoundé I, a mis, de son coté, un point d'honneur à démontrer que le concept de mondialisation était un mirage dont l'Afrique pourrait encore une fois faire les frais si elle devait y souscrire en rangs dispersés.
"On ne peut pas se réunir avec les autres si on n'a rien", a averti le Pr Kange Ewanè.
Le mot mondialisation, a-t-il rappelé, "a une telle amplitude qu'il devait normalement signifier pour toutes les composantes de l'Humanité, libre échange pour tous, partage égal, accès équitable aux marchés.
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Au contraire, parmi les grands acteurs de la mondialisation, on ne compte pas beaucoup d'Africains, mais seulement des Européens et des Américains.
Ce qu'on appelle aujourd'hui mondialisation, c'est en fait ce qu'on appelait au Moyen-âge "l'équilibre européen" qui fut formé par les peuples germano-romans (ancêtres des Français, Italiens, Allemands, Portugais, Espagnols, Russes et peuples des Balkans).
Ce peuple avait été si douloureusement frappé entre le 13è et le 14è siècle que bien des historiens (Jacques Hertz et Pierre Chonut notamment) le disaient sous-alimenté, sans grand ressort biologique et lu prédisait au mieux, une survie "dans le contexte de la mort".
Ils ont finalement trouvé leur salut dans le partage, le pillage et l'exploitation de l'Afrique, la mise en valeur indirecte des Amériques et d'autres espaces vierges de la planète telle que l'Australie plus tard.
C'est pourquoi, avertit l'égyptologue camerounais, "dans le contexte de la nouvelle mondialisation, il est impératif de distinguer entre "mondialisateurs" et "mondialisés" et surtout, faire en sorte que les uns ne s'épanouissent encore une fois au détriment des autres.
"Nous avons été mondialisés à Berlin, prenons garde après les raccourcis de Yalta, qu'il n'en soit encore ainsi pour une bonne partie des faibles de l'Humanité.
De ce point de vue, la vigilance ne serait de trop pour aucun des peuples en situation", a dit l'universitaire camerounais.
Enfin, le Pr Farfher de l'Université de Tripoli a "félicité, au nom de tous les universitaires libyens, tous ceux qui ont manqué la fête de Pâques pour venir réfléchir" avec lui, sur l'Union africaine.
C'est la preuve de toute l'importance que cette question revêt au sein de l'opinion camerounaise, même si les institutions de ce pays ont tardé à le traduire dans leurs actes.
"A travers ce qui s'est passé à Syrte II, les 1er et 2 mars 2001, l'Afrique est en train de réaliser un vieux rêve de nombreuses générations qui permettrait de recouvrer "l'unité, la liberté, et la dignité", a-t-il souligné.
Pour le Pr.
Farfher, "il n'y a plus de place pour les frontières nationales, ni même régionales, dans le contexte d'une mondialisation qui, même si elle n'est pas d'origine africaine, pourrait bien vite nous déverser ses effets négatifs.
Le Pr Farfher a enfin averti que "l'Union est devenue ce train de l'histoire qui cheminera inexorablement, avec ou sans les ennemis du continent qui ne songent qu'à la préservation de leurs intérêts iniques".
Il en fut ainsi de l'abolition de l'esclavage et de l'indépendance des anciennes colonies.
Ce sont les lois de l'histoire universelle qui ne tolèrent pas l'exploitation perpétuelle d'un groupe d'hommes par d'autres.
Le dernier sommet de Syrte a permis de réaliser la prise de conscience totale des Africains sur cette "question de vie ou de mort" pour l'Afrique.
Syrte II a aidé à comprendre définitivement que l'unité est une option stratégique permettant de libérer l'Afrique.
Ce fut une nouvelle confirmation que lorsque l'Afrique s'unit, elle devient forte et est capable de poursuivre son chemin, nonobstant les obstacles artificiels que certains brandissent sur son passage pour la divertir.

22 avril 2001 19:09:00




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