Une proposition des Emirats Arabes Unis divise la Ligue arabe

Sharm el-Sheikh- Egypte (PANA) -- Une proposition présentée samedi par la délégation des Emirats Arabes Unis lors de l'ouverture du Sommet de la Ligue arabe à Sharm el-Sheikh, en Egypte, a divisé les participants à cette rencontre cruciale pour l'avenir de l'Irak.
L'initiative émirati repose sur deux points essentiels: le retrait du commandement irakien du pouvoir en contrepartie de l'acceptation de l'initiative arabe du prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdelaziz pour le règlement du problème palestinien et la gestion des affaires irakiennes pour une phase transitoire par la Ligue arabe.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, l'émir Saoud Al- Fayçal, a qualifié, lors d'un point de presse en marge du sommet, le projet émirati de document de travail et non d'initiative.
Cette prise de position du chef de la diplomatie saoudienne reflète en réalité la bénédiction de l'Arabie saoudite à cette démarche qui pourrait plonger le sommet dans la confusion totale.
Plusieurs observateurs à Sharm el-Sheikh estiment que ce document a pour objectif de satisfaire les exigences américaines aux dépens de la légitimité internationale qui n'a jamais abordé dans ses résolutions la destitution du commandement irakien, ce qui mettrait dans l'embarras la France et l'Allemagne qui s'attachaient à l'application des résolutions de l'ONU et à la poursuite du travail des inspecteurs onusiens.
Ces mêmes observateurs ont laissé entendre que le projet émirati pourrait constituer un grave précédent qui ferait dans l'avenir un fondement dans le traitement des affaires de la région.
Si le document émirati fait le consensus des autres pays du Golfe, il pourrait conduire à approfondir la division dans le camp arabe.
La Syrie, la Libye, le Liban, le Yémen étant du côté de l'Irak.
Certains observateurs vont jusqu'à souligner que ce projet est en fait une arabisation des exigences américaines formulées à la veille du sommet de Sharm el-Sheikh par le secrétaire d'Etat américain Collin Powell, qui avait demandé clairement aux pays arabes de réclamer le départ de Saddam Hussein.

01 mars 2003 18:45:00




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