Une organisation exhorte les évêques de l'Afrique méridionale à appuyer l'éducation des filles en grossesse

Addis-Abeba, Éthiopie (PANA) - A l'occasion de la réunion des représentants de l'Église catholique en Afrique méridionale qui se tient à Addis-Abeba pour discuter de la “riche diversité, de l'égale dignité et de l'unité pacifique” dans la région, une organisation des droits de l'homme a exhorté les évêques de l'Afrique méridionale à appuyer l'éducation en faveur des jeunes filles enceintes.

"Un pas important pour commencer serait de changer la manière dont l'église traite les filles enceintes", a indiqué Human Rights Watch.

Dans une publication postée sur son site web vendredi, l'organisation de défense des droits de l'homme avait annoncé, l'année dernière, qu'en Tanzanie, des leaders de l'église catholique avaient ouvertement appuyé l'interdiction par le gouvernement aux filles enceintes et aux filles-mères de fréquenter les établissements scolaires. L’archevêque Damian Denis Dally avait déclaré que le fait de permettre aux jeunes mamans de fréquenter l'école “ne faisait pas partie de la culture africaine”.

En Zambie, les écoles catholiques – y compris celles financées par le gouvernement – rejettent la politique du gouvernement permettant aux jeunes filles-mères de reprendre leur cursus et rejettent la politique de reprise des enseignements permettant aux filles en grossesse de reprendre le chemins des classes. Ils ont souvent refusé aux élèves ayant eu des bébés le transfert dans d'autres établissements scolaires.

Human Rights Watch a indiqué que les leaders de l'église catholique en Afrique méridionale devraient saisir l'occasion pour réaffirmer leur engagement pris suite à l'appel de l'Union africaine de “n'écarter aucun enfant pour le développement de l'Afrique”. Cela devrait inclure un engagement manifeste à abandonner toutes les politiques ou pratiques discriminatoires envers les filles et jeunes femmes enceintes.

"Ces leaders doivent avoir à l'esprit qu'il y a plusieurs raisons complexes qui expliquent la grossesse des filles – parmi lesquelles l'échec du gouvernement à protéger les filles contre la violence sexuelle dans et en dehors de l'école. Les filles enceintes sont souvent victimes de discrimination, de punition et d'exclusion. Les élèves en grossesse et les filles-mères sont souvent rejetées quand elles ont besoin du soutien de leurs écoles, de leurs familles et de leurs communautés. Tourner le dos à ces filles ne fera qu'aggraver leur situation".

Human Rights Watch affirme qu'au Burundi et en Tanzanie, les gouvernements ont choisi de nier aux filles enceintes leur droit à l'éducation.

"Mais elles constituent une minorité. Assurer l'éducation aux filles-mères en âge de scolarisation bénéficie d'un large soutien en Afrique, notamment au Kenya, au Malawi et en Zambie", a indiqué l'organisation humanitaire.

Human Rights Watch affirme que son rapport "Ne laissez aucune fille en rade en Afrique", montre que plusieurs pays ont  adopté des politiques ou législations protégeant le droit des filles à l'éducation, indépendamment de leur grossesse, maternité ou de leur situation matrimoniale. Ce faisant, un grand nombre de pays ont montré que le fait de maintenir les filles à l'école était la bonne décision.

Les leaders catholiques en Afrique méridionale ne devraient pas appuyer les politiques qui écartent les filles les plus vulnérables en Afrique méridionale. C'est cela “l'égale dignité”, a-t-il ajouté.
-0- PANA MA/ASA/BEH/SOC 13juil2018

13 july 2018 18:30:35




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