Une nouvelle crise alimentaire menace le Burundi

Bujumbura- Burundi (PANA) -- Redoutant une pénurie alimentaire alarmante au Burundi, pour la fin de ce mois, le Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM) a lancé lundi, un appel urgent pour des dons de vivres à ce pays d'Afrique Centrale.
Un retard de deux mois des pluies, ainsi qu'une mauvaise récolte de la saison précédente, pourraient faire doubler le nombre de personnes nécessitant une aide alimentaire au Burundi, de 580.
000 à 1,2 million.
Le PAM a besoin d'urgence de 4.
000 tonnes de vivres, estimées à 19 milliards de dollars, afin de nourrir plus d'un million de Burundais jusqu'à la principale récolte en avril 2003.
L'agence a indiqué, dans un communiqué de presse lundi, qu'elle tentait aussi de faire face à l'afflux de réfugiés congolais, dont le nombre s'élève à 14.
000 individus.
"La situation est devenue alarmante, et la communauté internationale doit prendre des mesures urgentes afin d'éviter une éventuelle crise alimentaire", a déclaré Mustapha Darboe, le directeur national et représentant du PAM au Burundi.
Une épidémie de paludisme, qui est endémique au Burundi durant la saison des pluies, pourrait aussi faire des ravages parmi la population affaiblie et affamée.
En 2000, environ 600.
000 personnes ont été touchées par une épidémie de paludisme au Burundi, alors que des milliers d'autres étaient aux prises avec les conséquences d'une grave sécheresse.
La précarité de la situation alimentaire sera exacerbée si les combats qui sont responsables d'un vaste déplacement des populations et d'un afflux de réfugiés, s'intensifient.
Ces combats ont déjà affecté gravement les provinces de Ruyigi, Gitega, Bubanza, Muramvya et Bujumbura Rural.
Le mois dernier, le Groupe spécial d'alerte précoce du pays qui comprend le PAM, la FAO, l'UNICEF, l'OCHA et le ministère de l'Agriculture, a rapporté, en collaboration avec des ONG, que l'arrivée tardive des pluies pourrait affecter négativement les récoltes.
L'insuffisance des pluies a aussi fait que le niveau hydrostatique est dangereusement faible dans les terres marécageuses actuellement cultivées pour la récolte d'avril 2003.
Une réduction de la production alimentaire va exercer une pression supplémentaire sur les ressources de l'aide alimentaire disponibles, déjà surexploitées et qui devraient commencer à manquer ce mois-ci si les contributions des donateurs ne sont pas rapidement mobilisées.
"Nous commençons à distribuer une aide alimentaire aux régions les plus touchées assez tôt pour maîtriser la crise, mais si nous ne recevons pas les autres dons promis rapidement, les réserves vont s'épuiser et la situation va se dégrader rapidement", a indiqué M.
Darboe.
"Pour le moment, nous ne pouvons distribuer des vivres qu'aux cas les plus urgents".
Une aide alimentaire est aussi nécessaire pour renforcer les activités des projets "travail contre nourriture" dans les provinces du nord, qui vont aider à contenir la crise.
Ces projets vont fournir aux groupes vulnérables l'aide alimentaire nécessaire en échange de leur travail dans des projets, tels que la préparation des champs dans les provinces du sud où l'accès est difficile en raison de l'insécurité.
Le PAM prévoit de mettre en place à l'avance, des stocks de vivres dans les endroits stratégiques afin de pouvoir réagir à temps.
En outre, le PAM continue de nourrir 14.
000 réfugiés qui ont fui Uvira, en République Démocratique du Congo en raison de l'insécurité qui y prévaut actuellement.
Un soutien des donateurs est nécessaire pour maintenir le nombre actuel d'individus et se préparer à des afflux plus importants, qui pourraient atteindre 40.
000 individus.
Au cours des mois précédents, le PAM a réussi à distribuer une aide alimentaire, associée à des semences, comme ration "de protection des semences".
Conçues pour éviter la consommation des semences par les foyers affamés; ces rations ont été distribuées à près d'un demi million d'individus (100.
000 foyers).
Malgré des trous dans l'approvisionnement et des retards liés à l'insécurité, 90 pour cent de l'objectif a été atteint.
Le programme financé par ECHO, avec des semences distribuées par l'Organisation des Nations pour l'Alimentation et l'Agriculture, aide à accroître le rendement agricole parmi les populations vulnérables.

03 décembre 2002 17:55:00




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