Une journée contre la honte et pour la solidarité à La Réunion

Une journée contre la honte et pour la solidarité à La Réunion

Saint-Denis- La Réunion (PANA) -- Près de trois cents personnes ont répondu cette semaine, dans six centres de soins de Saint- Denis de La Réunion, à l'appel des trois associations organisatrices d'une campagne de dépistage non anonyme du SIDA intitulée : "Une journée contre la honte et pour la solidarité".
"Chaque année, à La Réunion, trente à quarante personnes contractent le virus du SIDA et quatre à six personnes en meurent parce qu'elles ne l'ont pas dépisté à temps.
اa suffit !" Ces propos, tenus vendredi au Centre hospitalier départemental de Saint-Denis par le docteur Catherine Gaud devant les premiers volontaires à un dépistage public, dénotent la passion mise par cette responsable du service d'Immunologie clinique de l'hôpital Nord de l'Ile de La Réunion, dans son combat contre le VIH/SIDA.
La progression, très modérée, du virus du SIDA dans cette île du sud-ouest de l'Océan Indien n'en est pas moins choquante à ses yeux pour une société qui aspire à un niveau de vie et de développement européens, capable de mettre des millions d'euros dans des projets scientifiques ou technologiques pointus, tandis qu'elle reproduit cent à cent vingt mille illettrés laissés sur le banc de touche.
A l'issue de cette journée de dépistage public, le Dr Gaud s'est déclarée "extrêmement fière des Réunionnais" et de la réponse donnée à l'appel des associations de lutte contre le VIH/SIDA.
Environ trois cent personnes se sont présentées dans les six centres de dépistage anonyme et gratuit, dont plus de la moitié à l'hôpital Nord (152 dépistages à 16h 00): la quasi-totalité des conseillers généraux et régionaux, le président du Conseil régional, la présidente du Conseil général, le préfet, le président de l'Université, des élus municipaux, des musiciens, chanteurs, acteurs de renom, vedettes de la radio et de la télévision, quelques journalistes, des champions d'athlétisme ou de course automobile, Miss Réunion 2005 et jusqu'au swami de la Maison de l'Inde, dans le sud de l'île.
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Tous ont accepté, par leur geste, de dire publiquement à leurs concitoyens qu'il ne faut plus avoir honte de cette maladie.
L'espace d'une matinée, ils ont côtoyé sur la terrasse extérieure du CHD aménagée pour l'accueil des patients, quelques-uns des malades du SIDA en traitement à l'hôpital.
C'est le cas de Jean-Alain, 31 ans, en traitement depuis plus de quinze ans aujourd'hui, après avoir découvert sa séropositivité en prison, à l'âge de 14 ans.
"J'ai passé la moitié de ma vie d'adulte en prison, l'autre moitié à l'hôpital", a-t-il dit.
Le swami Premananda est la seule autorité religieuse de l'île qui ait accepté de se joindre à cette journée symbolique.
Initié depuis 1991 dans l'ordre des Puri - l'un des dix ordres monastiques de l'Hindouisme (un ordre urbain, citadin), il appuie dans le Kerala (sud de l'Inde), le fonctionnement d'un centre d'accueil, dirigé par son ordre, pour les personnes vivant avec le VIH.
Construit dans la périphérie de Trivandrum, la capitale du Kerala, le village de Amritapuri abrite depuis juillet 2004 un centre d'accueil des malades du SIDA, dans un hôpital.
Son inauguration a été ajournée par le terrible raz-de-marée du 26 décembre dernier - qui a fait 280 victimes dans le village -, mais le swami a demandé au Dr Gaud d'y conduire dès que possible une mission d'information "pour vaincre la très forte discrimination qui stigmatise les malades en Inde", a expliqué le swami Premananda au cours de cette matinée d'exception.

30 janvier 2005 09:47:00




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