Une initiative conjointe en faveur du développement socio-économique des réfugiés et des Tchadiens

N’Djamena, Tchad (PANA) – Une importante délégation dirigée conjointement par les Représentants de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et de la Banque mondiale, a entamé, mercredi, une mission d’évaluation à Goz Beida, à l’est du Tchad. Cette visite dans les régions et localités abritant les camps de réfugiés se rendra également dans le Sud et l’Ouest du Tchad.

Cette mission marque une étape importante dans l’adoption d’un projet-pilote de brassage socio-économique et de protection sociale des réfugiés et des communautés d’accueil dans le département de la Nya-Pende dans le Sud du Tchad. Le projet vise quelque 65.000 personnes dont environ 20.000 réfugiés des camps d’Amboko et Gondje. Une expansion de ce projet à
toutes les zones affectées par la présence des réfugiés dans le pays est envisagée.

Ce projet, première du genre au Tchad, associera les préoccupations des réfugiés des populations tchadiennes dans les zones affectées par la présence de ces réfugiés, conciliant ainsi les besoins humanitaires et les défis de développement.

Le HCR se félicite de la collaboration avec la Banque mondiale dans cette initiative, laquelle bénéficie aussi du soutien de l’ensemble du système des Nations Unies à travers son coordinateur, Stephen Tull, qui participera également à cette mission pour évaluer les modalités de sa mise en œuvre et s’imprégner des besoins des bénéficiaires. Pour le
Système des Nations Unies au Tchad, il s’agit aussi d’intégrer fermement les réfugiés dans l’UNDAF et dans l’esprit «Unis dans l’Action».

Selon les deux institutions, cette stratégie conduira à une approche intégrée et inclusive qui préserve la responsabilité et le mandat du HCR et corrigera aussi l’accès inéquitable des populations tchadiennes aux services de base par rapport aux réfugiés. La qualité de ces services est souvent meilleure dans les camps de réfugiés que dans les villages environnants,
selon toutes les observations.

Pour le Représentant du HCR au Tchad, Jose Antonio Canhandula, « le succès de ce projet devrait marquer un tournant dans les approches par rapport à la situation prolongée de déplacement forcé des réfugiés au Tchad. Il devra aussi renforcer le contrat social entre le HCR et l’Etat tchadien».

Plus de 400.000 réfugiés vivent dans des camps au Tchad dont 80% sont des Soudanais installés à l’est du pays depuis plus d’une décennie. Il y a également des réfugiés centrafricains et nigérians. Ceci fait du Tchad un des 10 plus importants pays d’accueil de réfugiés dans le monde et le quatrième en Afrique après l’Ethiopie, le Kenya et l’Ouganda, selon le classement annuel du HCR.

Au taux moyen d’un réfugié pour 33 Tchadiens, le pays accueille le plus de réfugiés comparativement à sa population. Si globalement les réfugiés représentent 3% de la démographie nationale, par endroits, comme c’est le cas dans la région du Sila, ils représentent 8%.

« Ce qui nous interpelle tous à valoriser cette population », explique M. Canhandula. La coopération que le HCR cherche à nouer avec la Banque mondiale et les autres agences développementales du système des Nations Unies représente un effort dans ce sens.

La mission conjointe HCR/BM démarrée, ce mercredi 11 janvier à Goz Beida, se rendra ensuite à Gore à partir du 13 janvier, puis à Baga Sola, dans la région du Lac, du 15 au 16 janvier. La délégation comprendra également le Représentant de la Banque africaine de développement (BAD).
-0- PANA PT/IS/IBA 12janv2017

12 janvier 2017 13:26:49




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