Une enquête de l'IPPF révèle l'absence des familles africaines dans l'éducation des jeunes à la sexualité

Johannesburg, Afrique du Sud (PANA) - Le cercle familial demeure toujours frileux a l'idée d'assurer l'information et l'éducation des jeunes en matière de sexualité' constate une enquête de l'IPPF dont les résultats ont fait l'objet d'une restitution organisée ce mardi  a Alexandra, un faubourg populaire de Johannesbourg, dans le cadre du 60eme anniversaire de la Fédération. 

L'enquête a été  effectuée  auprès des jeunes d'Afrique du Sud, du Zimbabwe, du Nigeria et de la Namibie qui relèguent la famille bien derrière  les "amis" l'école,  les media et l'Internet, pour ce qui concerne les sources auxquelles ces jeunes s'informent le plus sur la sexualité.

Le score effectué par la famille en Afrique du Sud (4,5%) s'est amélioré dans les trois autres pays soumis à  l'enquête, atteignant 28% au Zimbabwe, 21 % en Namibie et 17% au Nigeria, tandis que tous les quatre pays élisent les "amis" comme la première source  d'information  des jeunes sur la sexualité.

Dr Heidi Marriott, conseillère a l'IPPF, qui a participé à la réalisation de l'enquête, conclut a un besoin urgent de renforcer la prise en charge de l'information et de l'éducation  sur la sexualité par l'école qui, dans cette enquête, arrive au 4ème rang en Afrique du Sud, au 3ème au Zimbabwe et en Namibie et au 2ème rang au Nigeria.

La famille n'est pas en reste dans les recommandations issues de cette enquête,  qui  réaffirment le besoin de renforcer la responsabilité de la famille dans l'éducation des jeunes sur la sexualité et les attitudes responsables à adopter vis-a-vis de la santé sexuelle et de reproduction.

L'accès des jeunes à des sources d'information fiables et responsables sur la santé sexuelle et de reproduction est d'autant plus préoccupant que l'enquête révèle par ailleurs le paradoxe selon lequel  32,30% des jeunes,  particulièrement en Afrique du Sud, affirment avoir leur premier rapport sexuel avant 16 ans,  23,70% d'entre eux n'utilisent "jamais" de préservatifs, alors que le risque d'infection au VIH et la grossesse non désirée constituent, respectivement  pour 47% et 23% de ces jeunes, ce qu'ils redoutent le plus.

Les chiffres rapportés par l'enquête sont aussi effrayants qu'éloquents, lorsqu'on sait que  la proportion de jeunes Zimbabwéens et Nigérians  n'usant "jamais" de préservatifs est plus élevée (respectivement 32,80% et 32,40%) que celle (respectivement 32,50 et 25,50) de ceux qui l'utilisent "a chaque occasion".   

Le directeur général de l'IPPF, Tewodros Melesse, qui présidait la séance, pour sa part, lit à travers  ces chiffres le constat que les jeunes sont informés de l'existence et de l'utilité des préservatifs. Aussi estime-t-il "nécessaire que les jeunes jouissent d'un accès libre  à l'information, aux services, ainsi qu'aux produits de santé de reproduction, sans avoir peur des jugements, critiques ou censures".  

L'IPPF rappelle que 4 millions de jeunes  vivent avec le Sida en Afrique au Sud du Sahara.

-0- PANA SSB/SOC 27nov2012

27 novembre 2012 21:42:02




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