Une délégation de l'OIF en mission de sensibilisation en Guinée

Conakry, Guinée (PANA) - Le chef de la délégation de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dépêché à Conakry dans la perspective des élections législatives de samedi prochain, l’ambassadeur congolais Henry Lopez, a indiqué à la presse à l’issue d’une audience avec le ministre de la Sécurité, Madifing Diané, être venu dans la capitale guinéenne pour prêcher «la bonne parole» à quelques heures de la fin de la campagne prévue ce jeudi à minuit.

L’émissaire de l’OIF, qui rencontrera ce jeudi les partis de la mouvance présidentielle qui soutiennent le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) du président Alpha Condé, a assuré qu’il allait tenter de ramener ses interlocuteurs à encadrer leurs militants et sympathisants en vue d’aller vers des élections paisibles.

M. Lopez, qui a dit avoir rencontré trois ténors de l’opposition, notamment Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté, tous anciens Premiers ministres du défunt président Lansana Conté, a souligné avoir demandé à tous de prendre des mesures pour faire face aux problèmes, notamment la sécurisation des citoyens et des biens avant, pendant et après le scrutin.

La mission de l’OIF survient quelques jours après de violents accrochages dans plusieurs quartiers de la capitale entre des militants de la mouvance présidentielle et ceux de l’opposition au cours desquels un élève gendarme a été tué par balle, deux autres grièvement blessés, tandis que des dizaines de manifestants des deux tendances ont été acheminés dans les structures sanitaires et plusieurs maisons privées ont été incendiées.

Pour sa part, le ministre de la Sécurité a demandé à l’OIF de sensibiliser davantage, avant d’affirmer que deux présumés assassins, munis de pistolets de fabrication artisanale, ont été arrêtés ainsi que des personnes reconnues coupables d’avoir incendié des véhicules de campagne de certains partis et des habitations privées.

«L’organisation de ces élections est obligatoire en vue de permettre de mettre un terme à la transition», a déclaré le ministre.  

L’ancien Premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, ainsi que Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et l’ex-ministre des Finances, Ibrahima Kassory Fofana, sous le régime Conté, ont déclaré à plusieurs reprises sur des radios privées qu’une victoire de la mouvance présidentielle provoquera des lendemains post-électoraux violents «parce que le gouvernement en trois ans a échoué sur toutes les lignes».

Les observateurs de l’Union européenne et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), appuyés par le facilitateur des Nations unies, Said Djinitt, étaient parvenus à faire accepter la semaine dernière par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) le report des élections de quatre jours à cause de divers problèmes techniques, notamment «la mauvaise distribution» des cartes électorales dans les 38 circonscriptions du pays et l’éloignement des bureaux de vote dans certaines localités.

Depuis 48 heures, des représentants locaux de la CENI à l’intérieur du pays, notamment en Guinée forestière, le Sud du pays, ont dit sur la radio nationale que les cartes ne sont pas encore parvenues dans certaines localités relevant de leurs juridictions.

On rappelle que les dernières élections législatives, qui avaient lieu en Guinée en 2002, avaient été boycottées par la majorité des partis d’opposition qui dénonçaient des fraudes.
-0- PANA AC/AAS/IBA  26sept2013

26 septembre 2013 16:52:36




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