Une chanson de rap fait scandale à La Réunion

Saint-Denis- La Réunion (PANA) -- La polémique autour du groupe de jeunes rappeurs réunionnais 'Futur crew' fait rage à La Réunion, depuis le début de la semaine, à cause d'une de leurs chansons intitulée en créole "Magik Kabo", littéralement "Pénis magique", largement commentée par les radios et la presse écrite.
Connu à La Réunion pour avoir fait un clip vidéo présentant dans des positions lascives de jeunes réunionnaises et diffusé sur une télévision privée, 'Futur crew' a été projeté, depuis le début de la semaine, au devant de la scène avec cette dernière chanson, censurée par certaines radios et qui vante les prouesses sexuelles masculines en des termes crus.
L'oeuvre a suscité l'indignation d'une frange de la population et l'intérêt des médias réunionnais.
Pour le rédacteur en chef du 'Quotidien de La Réunion', qui titre à la une du journal "Sex bussiness", le pire est de censurer ces jeunes.
"Que l'on ne compte pas sur nous pour mener la croisade des pudibonds.
Il faudrait y convier, outre ceux qui censurèrent Brassens, les sourds et les hypocrites", écrit-il.
"On ne pouvait rêver de meilleur début.
On parle de nous, que peut-on demander de plus?", s'interroge l'un des rappeurs du groupe, KoniX, interrogé par le journal.
"Dans cette affaire, on a rien inventé.
Que ce soit dans le folklore réunionnais ou dans la variété française, le sexe a toujours été présenté", a-t-il poursuivi.
Envers et contre tous, 'Futur crew' assume sa chanson.
"Nous ne sommes pas des hypocrites, mais des artistes qui ont envie de dire ce qu'ils pensent.
C'est une certaine réalité qu'on raconte dans nos chansons.
Et puis, si on regarde en arrière, on s'aperçoit que ce sont les grands artistes qui ont été censurés", explique Roko, un autre membre du groupe.
Concernant la polémique qui prend de l'ampleur dans les médias et les réactions des auditeurs, le groupe de rap se défend et parle d'une "guerre des radios".
"Magic Kabo n'était pas destiné à la diffusion.
Les radios s'en sont emparées, et depuis, s'en servent comme d'un instrument dans leur petite guéguerre", explique Dekapit J, membre de Futur Crew.
Pour le groupe, la chanson était "une réponse aux autres rappeurs de l'île qui, par jalousie, nous ont agressés après la sortie de notre album".
Les paroles, très crues, il est vrai, "ne s'adressaient donc pas aux femmes, mais à nos concurrents", ajoutent les rappeurs.
Ils se disent également indignés d'être "le premier groupe de rap réunionnais censuré" et préparent leur réplique qui pourrait être la sortie d'un second album "encore plus pimenté" avant la fin de 2003.

11 Setembro 2003 10:14:00




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