Une association féminine demande la libération d'une mère soudanaise condamnée à la lapidation

Dar-es-Salaam, Tanzanie (PANA) – Le groupe international de défense des droits des femmes, Equality Now, a lancé jeudi un appel urgent pour "la libération immédiate et sans condition" d'une mère soudanaise de trois enfants, Intisar Sharif Abdalla, qui a été condamnée à mort par lapidation pour adultère.

Intisar, qui a d'abord nié les faits, n'a admis avoir connu l'adultère qu'après avoir été battue et torturée par son frère, selon l'organisation.

Selon Equality Now, cette femme a été condamnée à la lapidation simplement sur la base d'aveux extorqués et n'a pas été défendue par un avocat lors de son jugement.

En outre, elle n'a pas bénéficié des services d'un interprète pour lui traduire les débats de la cour qui se tenaient en arabe, qui n'est pas sa langue maternelle.

Son présumé complice a nié les accusations et n'a fait l'objet d'aucune poursuite.

Le 13 mai 2012, Intisar a été condamnée à mort par lapidation pour adultère par la Cour pénale d'Ombada, dans l'Etat de Khartoum.

Elle est actuellement détenue avec son bébé de quatre mois à la prison pour femmes d'Omdurman, dans le centre-est du Soudan et elle a fait appel de cette décision.

Equality Now a demandé aux organisations de défense des droits de l'Homme d'écrire aux autorités soudanaises pour demander la libération d'Intisar et la prohibition par la loi de toutes les sanctions cruelles, inhumaines et dégradantes, comme la lapidation, conformément aux obligations du Soudan relatives à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples et à la Convention internationale sur les droits civiques et politiques.

D'après Equality Now, la sentence prescrite, à savoir la lapidation, viole les obligations légales internationales du Soudan découlant de plusieurs instruments relatifs aux droits de l'Homme ratifiés par ce pays.

En outre, la peine de mort pour le délit d'adultère n'entre pas dans le concept internationalement reconnu de la "plupart des crimes les plus graves" justifiant une peine de mort, comme l'a réaffirmé la Commission des Nations unies pour les droits humains (actuel Conseil des droits de l'Homme des Nations unies) et le Comité des droits humains.

"Equality Now s'oppose à la peine de mort et à la pénalisation d'actes privés commis par des adultes consentants", a affirmé l'organisation.

L'article 34 (6) de la Constitution soudanaise stipule que quiconque est accusé d'un crime grave a le droit de se défendre par l'entremise d'un avocat ou de disposer d'une aide juridique fournie par l'Etat, ce dont Intisar n'a pas bénéficié.

Equality Now a estimé que des aveux soutirés sous la contrainte ne devraient pas être admis devant un tribunal et ne peuvent valoir une peine de mort.

D'autre part, l'organisation a préconisé une révision totale des dispositions de la Loi pénale soudanaise de 1991, en particulier de l'article 146 et la suppression de toutes les dispositions discriminatoires ou ayant un effet discriminatoire sur les femmes, y compris ceux qui sont relatifs à l'adultère et la fornication, conformément à une disposition constitutionnelle soudanaise sur le droit à l'égalité et à la non-discrimination selon le sexe.
-0- PANA AR/SEG/FJG/JSG/IBA  07juin2012

07 juin 2012 10:20:41




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