Une ONG réclame des réparations

New York- Etats Unis (PANA) -- L'Organisation internationale non gouvernementale, Human Rights Watch (HRW), militante des droits humains, a promis de faire des pressions afin que des mesures concrètes soient prises, à l'issue de la prochaine conférence mondiale sur le racisme.
Selon HRC, ces mesures devraient concerner la réparation des conséquences de l'esclavage, la discrimination fondée sur les castes et la discrimination dans l'administration de la justice.
L'intérêt que l'organisation porte aux questions susvisées se manifeste au moment où le gouvernement américain a avertit qu'il ne participera pas à la conférence si la question de la réparation de l'esclavage et de l'assimilation du sionisme à une forme de racisme sont considérés comme points de l'ordre du jour des assises.
Les désaccords sur ces deux questions ont entravé la conclusion des débats préparatoires à la rédaction d'un document final à soumettre à la conférence, prévue du 31 août au 7 septembre, à Durban, en Afrique du Sud.
Dans un communiqué, HRW demande au gouvernement américain de soutenir la conférence et d'y prendre part.
Evoquant la question des réparations, l'organisation a déclaré qu'elle allait plaider pour que les gouvernements soient tenus de procéder à des réparations afin de remédier aux effets de l'esclavage et de la ségrégation qui continuent d'exister.
"Des groupes de travail nationaux et internationaux devront être créés, dans la plus grande transparence et avec la participation des populations, afin d'identifier et de reconnaître les abus du passé et de définir aussi les actions à prendre pour annihiler leurs effets d'aujourd'hui", a affirmé l'organisation.
Elle a, par ailleurs, souligné que les réparations ont pour but essentiel de s'attaquer, par le biais des investissements, à l'éduction, au logement, aux soins de santé, à la création d'emplois et aux fondements économiques et sociaux de la marginalisation des victimes de l'esclavage.
Les gouvernements africains et les Africains de la Diaspora ont décidé d'inscrire les réparations des conséquences de l'esclavage à l'ordre du jour de la conférence de Durban.
Les militants des droits humains ont défendu la thèse selon laquelle les débats devraient porter aussi sur les formes d'esclavage moderne.
Apportant sa contribution au débat sur l'éventuel examen de la question du sionisme par les délégués à la conférence, l'ONG a noté que l'insertion de cette question dans l'ordre du jour de la conférence équivaudrait à désigner Israël du doigt pour une forme de racisme que ce pays partage avec de nombreuses autres nations.
Une autre question controversée, qui pourrait être examinée par la conférence, est celle de la discrimination fondée sur la caste, que l'organisation de défense des droits humains a promis de soulever au cours des discussions.
Selon HRW, 250 millions de personnes sont marginalisées en raison de leur appartenance à une caste.
L'ONG a indiqué que cette question n'était pas prise en compte pendant des années.
Au cours de la conférence, elle lancera un appel pour la reconnaissance de l'existence de cette pratique et, par conséquent, de la nécessité de l'adoption de mesures qui faciliteront son abolition.
Une autre question que l'ONG soulevera au cours des travaux de la conférence est celle du statut et du traitement des réfugiés, des demandeurs d'asile et des migrants.
Ces groupes d'individus sont souvent victimes d'actes de discrimination raciale, d'attaques à motivation raciste et de xénopohobie, a fait observer l'organisation.
Ainsi, elle a insisté sur la nécessité, pour les assises, de demander aux gouvernements de mettre un terme à ces politiques et pratiques qui provoquent une discrimination contre ces groupes.
Une autre question est celle qui se rapporte aux individus dépouillés de leur citoyenneté à cause de leur race ou de leur appartenance ethnique.
Ces situations se produisent lorsque les pays se déchirent ou quand la citoyenneté n'est attribuée qu'aux hommes.
L'ONG souhaite que la conférence "inscrive fermement" à son ordre du jour la question de la discrimination raciale dans l'attribution de la citoyenneté.
Le traitement des minorités raciales, ethniques et autres, notamment dans le cadre de l'administration de la justice, doit également faire partie des préoccupations de HRW.
Dans de nombreux pays, selon l'ONG, ces groupes minoritaires sont victimes de harcèlement, de détention arbitraire et de traitements abusifs par les personnels de services de sécurité et les tribunaux.
Au moment ou les discussions préparatoires buttent sur des obstacles, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a récemment insisté sur la nécessité, pour la réunion, de ne pas se laisser entraîner dans des débats sur le racisme, et a invité les participants à s'intéresser plutôt à la prévention.

02 août 2001 16:04:00




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