Une ONG interpelle le gouvernement burundais sur ses obligations internationales vis-à-vis des enfants

Bujumbura, Burundi (PANA) - La Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance au Burundi (FENADEB, indépendante) a appelé, dimanche, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, le gouvernement burundais à ratifier le troisième protocole facultatif à la Convention internationale sur les droits de l’enfant (CIDE), aujourd’hui considéré comme étant le premier texte juridiquement contraignant au niveau mondial.

Les deux autres protocoles additionnels à la convention internationale des droits de l’enfant sont le "Protocole facultatif à la convention concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants", ainsi que le "Protocole facultatif à la convention concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés".

Auréolée et dopée par le prix "ORA Child protection", édition 2016, d'organisations allemandes pour son "engagement exceptionnel" en faveur des droits des enfants burundais, la FENADEB a été pratiquement la seule cette année à se souvenir, au niveau local, de la journée dédiée aux enfants dans le monde.

L’Organisation non-gouvernementale burundaise a rappelé que le troisième protocole, signé le 20 novembre 2014, à New York, aux Etats-Unis, permettait, entre autres, à l’enfant, lui-même, la possibilité d’introduire un recours, en cas de violation de ses droits.

En pratique, le suivi régulier de l'application de la convention et des protocoles facultatifs est assuré par le comité des droits de l'enfant placé auprès du Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme.

Les défenseurs des droits de l’enfant au Burundi ont du grain à moudre dans un pays où la population de 0 à 14 ans représente 46% des 11,1 millions d’habitants, avec un indice de concrétisation des droits de l’enfant estimé à 5,46 sur 10, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).

Parmi les principaux problèmes des enfants burundais figurent la pauvreté généralisée qui touche plus de 68% de la population, d’après les Nations unies.

Au niveau de l’éducation, les statistiques officielles disponibles font aujourd’hui encore état de seulement 71 % des enfants burundais qui sont scolarisés, bien que l’école soit obligatoire jusqu’à l’âge de 12 ans.

La situation a empiré au cours de ces dernières années de crise politique interne qui a poussé de nombreuses familles burundaises à fuir pour se réfugier dans les pays voisins, accompagnées de leurs enfants.

D’autres problèmes des enfants burundais sont liés aux violences sexuelles, à la maltraitance, à la traite, comme au cours de cette année où des centaines de jeunes filles, parfois mineures, ont été acheminées clandestinement vers les pays du Golfe par des trafiquants d’êtres humains à des fins de prostitution ou pour des travaux ménagers parfois mal rémunérés.

Concernant les violences faites aux petites filles, on apprenait, dimanche, de certains médias locaux qu’une élève de 16 ans a été découverte, la veille, dans un hôtel du littoral du lac Tanganyika, bordant la capitale burundaise, au bout d’un mois de séquestration et d’abus sexuels imputables à un homme de plus de 55 ans dont l’identité n’a pas été révélée.
  
Les abus ne s’arrêtent pas là et on estime encore dans les milieux des défenseurs des droits humains qu’un enfant sur cinq travaille à l’âge précoce dans l’agriculture familiale, dans des plantations industrielles d’autrui, dans l’économie informelle ou alors en tant que domestique pour subvenir aux besoins de la famille d’origine.

Le droit à l’identité n’est pas non plus garanti à tous les enfants du Burundi dont seuls 60 % sont généralement enregistrés à la naissance, reconnait-on du côté de l’état civil.

Un enfant qui n’est pas enregistré à l’état civil perd certains droits comme l’accès à l’éducation de base et aux soins médicaux normalement gratuits jusqu’à l’âge de 5 ans.
-0- PANA FB/TBM/IBA 20nov2016









20 novembre 2016 16:36:34




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