Un syndicat ivoirien exige la libération de six journalistes

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) -  Le Syndicat national des professionnels de la presse de Côte d’Ivoire (Synappci) a exigé, lundi, "la libération immédiate et sans conditions des journalistes illégalement détenus" dans le cadre d’une enquête ouverte par le Parquet pour publication de fausses informations et d’incitation des soldats à la révolte.

Dans une déclaration transmise à la PANA, le Synappci a exprimé son indignation et sa profonde déception face à la persistance d’attitudes et pratiques proprement illégales visant à humilier les journalistes en Côte d’Ivoire et ce, en violation flagrante de la loi et de ses engagements internationaux.

Le Synappci, qui a condamné fermement cette énième atteinte flagrante à la liberté d’expression et à la liberté de la presse, deux droits fondamentaux de l’Homme, a exigé "la libération immédiate et sans conditions des journalistes illégalement détenus".

Tout en relevant que le constat que la situation actuelle est en parfaite contradiction avec les engagements du président ivoirien, Alassane Ouattara, le Synappci l’a invité, à faire mettre un terme à la procédure engagée contre les journalistes.

Pour le Synappci, "en période de crise, les attaques contre la presse ne sont jamais un bon signal et ne sont surtout pas un facteur de stabilité et de restauration de la confiance entre les populations".

Dimanche, le procureur de la République, Richard Christophe Adou, a rendu public un communiqué relatant l’interpellation et l’audition de directeurs de publication et de journalistes des quotidiens "Notre Voie", "Le Temps", "Soir Info" et "L’Inter" pour divulgation "de fausses informations de nature à inciter les soldats à la révolte" dans leur parution de samedi sur la mutinerie des Forces spéciales.

Il a justifié que ces agissements tombent sous le coup des articles 69 alinéa 4 et 5 et 73 de la loi No 2004-643 du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse et 174 alinéa 2 du Code pénal, qui répriment la diffusion de fausses nouvelles, les incitations de militaires à l'insoumission et à la rébellion, les atteintes à l'autorité de l'Etat et la publication d'informations fausses se rapportant au secret de la défense et à la sûreté de l'Etat.

Le procureur de la République a souligné que leurs auditions se poursuivaient afin de situer les responsabilités.

Selon le Synappci, le directeur de publication  de "Soir Info", Coulibaly Vamara, le correspondant de « Soir Info », Bédel Gnaoré, le rédacteur en chef de "L’Inter", Hamadou Ziao, le directeur de publication de "Notre Voie", Bamba Franck Mamadou, le directeur de publication de "Le Temps", Gbané Yacouba et Ferdinand Bailly, journaliste dudit quotidien, "ont été conduits, manu militari, au camp de Gendarmerie d’Agban où ils sont détenus", après plusieurs heures d’interrogatoires.
-0- PANA BAL/BEH/IBA 13fév2017

13 février 2017 14:19:47




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