Un sommet arabe pas comme les autres en Tunisie

Tunis- Tunisie (PANA) -- Le sommet arabe qui s'ouvre ce samedi à Tunis est le premier du genre compte tenu des dossiers qu'ils s'apprête à trancher.
En plus des problèmes d'actualité brûlante qui les interpellent du fait de la grave situation qui prévaut dans les territoires palestiniens et de celle non moins dégradante en Irak, les dirigeants arabes auront à se prononcer, pour la première fois, sur des réformes politiques devant engager leur pays respectif dans un processus de démocratisation, réclamé avec insistance par l'Occident.
Prônant un renforcement des droits de l'Homme et du rôle de la société civile, ainsi que la promotion de la condition de la femme dans les pays arabes, ces réformes ont été à l'origine du report de ce sommet initialement prévu les 29 et 30 mars dernier.
Pour justifier la décision du report, Tunis avait alors invoqué des "divergences profondes" entre les pays arabes sur "des questions stratégiques et fondamentales".
Depuis, le conseil des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe s'est attelé au Caire à surmonter ces divergences et à finaliser les documents devant être soumis aux Chefs d'Etat et de gouvernement.
Au terme des travaux du conseil, la semaine dernière, le secrétaire général de l'organisation panarabe, Amr Moussa, a fait état d'un "consensus" à ce sujet.
Selon lui, loin d'être dictées par le "projet du grand Moyen- Orient" initié par les Américains, les réformes projetées "émanent de convictions arabes et prennent en compte leurs spécificités culturelles et religieuses.
Elles devront être mises en oeuvre par chaque pays, à son propre rythme", a-t-il ajouté.
Plus de dix pays sur les 22 que compte la Ligue arabe seront représentés par leur chef d'Etat (dont l'Algérie, la Syrie, l'Egypte, le Maroc, la Jordanie, le Qatar, la Mauritanie) tandis qu'une demi-douzaine de dirigeants ont déjà fait défection (au nombre desquels le Soudanais Omar Al Bachir, le Yéménite Ali Abdallah Salah et le prince Abdallah d'Arabie).
Le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, confiné par l'armée israélienne dans son QG de Ramallah, s'adressera à ses pairs arabes par visioconférence.
Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, ainsi que le président de la Commission européenne, Romano Prodi, et le secrétaire général de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, devraient être présents à Tunis.

22 mai 2004 10:04:00




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