Un sit in des journalistes de Casamance pour sonner l'alerte par rapport au danger qui plane sur la presse sénégalaise

Ziguinchor, Sénégal (PANA) - Les journalistes et autres correspondants de presse de Ziguinchor, au sud du Sénégal, ont organisé un sit in, ce mercredi aux environs de 10 heures devant le gouvernorat de la région, pour sonner l’alerte par rapport aux conditions difficiles que traverse la presse sénégalaise et celle de leur région en particulier.

A l’issue de la manifestation qui a duré environ une heure de temps, les professionnels de la presse ont remis un mémorandum à l’adjoint au gouverneur de région, chargé des affaires administratives.

‘’ Les entreprises de presse connaissent une crise qui se caractérise par une situation de quasi faillite. Beaucoup d’entreprises de presse sont aujourd’hui en cessation de paiement et ne peuvent honorer ni factures des fournisseurs, ni leurs obligations envers les travailleurs, encore moins leurs obligations fiscales. Plusieurs médias ferment, certains mort-nés. Les conséquences d’une telle situation de crise font que la presse est de plus en plus sous influence des lobbys, ce qui est dangereux pour la démocratie dans n’importe quel pays. La profession de journalisme est menacée, en raison de la situation économique et sociale plus qu’inquiétante des entreprises de presse. Les travailleurs vivent un véritable drame social. Les retards de salaire sont devenus monnaie courante et sont admis comme normaux dans certaines rédactions’’, mentionne ce mémorandum lu par Cheikh Tidiane Cissé, le correspondant de la télévision 2stv qui évoque une situation encore plus dramatique des correspondants de presse qui travaillent en Casamance.

‘’Dans les régions à l’image de Ziguinchor, ils sont nombreux les correspondants de presse à ne bénéficier ni de traitement salarial, ni d’assurance, encore moins de couverture maladie. Beaucoup d’entreprises de presse ne cotisent pas à l’IPRES pour la retraite des travailleurs des médias ou à la Caisse de Sécurité sociale. Plusieurs entreprises de presse n’offrent pas de couverture maladie à leurs employés. La situation est très compliquée. Du fait de cette crise, on assiste à une fuite des cerveaux du secteur de la presse ou à une clochardisation des hommes et femmes des médias. Ainsi, certains journalistes délaissent le métier dans le meilleur des cas. Et dans le pire des cas, ils sont exposés à la corruption. On constate désormais des relents de presse très partisane et/ou de connivence avec différends lobbys’’, relève-t-il.

‘’Vous comprendrez qu’à ces maux qui perturbent la quiétude du patronat  s’ajoute les conditions difficiles de travail des correspondants régionaux que nous sommes, malgré les risques encourus chaque jour pour rendre service aux consommateurs’’, a-t-il conclu.
-0- PANA MAD/IS/IBA 03mai2017

03 mai 2017 14:21:05




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