Un service ministériel pour s'occuper de la diaspora burundaise

Bujumbura- Burundi (PANA) -- Le ministère des Affaires étrangères vient de mettre sur pied un service appelé à se spécialiser dans la prise en charge des problèmes de la diaspora burundaise en net accroissement ces dernières années de crise dans le pays, apprend-on de source officielle à Bujumbura.
Hormis les 400.
000 Burundais en exil dans les pays voisins, pour cause de guerre civile, et que prend en charge le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), conformément aux conventions internationales, le pays compte, à l'étranger, des milliers d'autres expatriés nécessitant un encadrement spécifique et pouvant générer des richesses pour la nation d'origine, dit-on.
Julien Kavakure, conseiller chargé des Burundais de l'étranger, depuis peu au ministère des Affaires étrangères, a commencé à les recenser.
Les Burundais, habituellement "casaniers", s'expatrient de plus en plus, a-t-il confié à la PANA.
La plus grande colonie de Burundais expatriés se rencontre aujourd'hui au Canada.
Ils avoisinent les 3.
000 personnes, alors qu'on n'en dénombrait que 20 entre 1961-1970 et 1.
701 entre 1991 et 2001, a précisé Kavakure.
Suit l'Angleterre avec près d'un millier de ressortissants burundais en quête de meilleures conditions de vie, mais qui pensent également à leur pays.
Près de 20 autres Burundais sont établis depuis peu aux Pays-Bas, 92 en Belgique et 67 en Suède.
Au seul premier trimestre 2002, 859 Burundais ont été enregistrés dans douze pays d'Europe, selon encore Kavakure.
On trouve également des Burundais expatriés dans la lointaine Chine, avec un total connu de 40 personnes, contre 30 au Japon.
En Afrique, le Rwanda voisin héberge 142 expatriés burundais dont d'éminents professeurs d'Universités principalement, a ajouté notre source.
La Libye, l'Ethiopie ou encore Djibouti, seraient également des terres de prédilection des émigrants burundais "marchands du savoir-faire", a encore relevé Kavakure.
"Il s'agit d'une richesse parmi tant d'autres à rentabiliser", s'est-il laissé convaincre.
Pour le moment, les efforts de la diaspora burundaise ne profiteraient qu'aux familles d'origine des expatriés.
Et les transferts se font volontiers par enveloppes.
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le système bancaire n'inspirant pas encore confiance, quand on sait que les devises fortes, gagnées chèrement par les expatriés, sont remises aux destinataires en monnaie locale, a rappelé Kavakure.
Il faudrait libéraliser le secteur sans tarder, si on veut s'assurer du transfert des capitaux des expatriés vers leur pays d'origine, a-t-il suggéré.
D'un autre coté, Kavakure a fustigé l'administration locale qui ne favoriserait pas, comme il se doit, la liberté de mouvement des Burundais désireux de s'épanouir ailleurs.
"Il n'y a qu'à considérer la recherche de l'argent par tous les moyens dans certains services de l'Etat comme celui des migrations qui vient de tripler le prix du passeport ordinaire en faisant passer cette année, de 5.
000 francs burundais (près de 5 dollars américains) à 30.
000 francs (près de 30 dollars), soit l'équivalent d'un salaire mensuel d'un cadre moyen", a relevé Kavakure.
Au-delà des frontières nationales, il a souhaité que la diaspora continentale se syndique pour avoir la considération et la protection des institutions politiques d'importance, comme l'Union africaine.
Une politique commune aux Etats membres de l'Union africaine s'impose également pour capter l'expertise et les investissements de ces autres fils du continent qui prospèrent aux Etats Unis d'Amérique, a estimé Kavakure.
Ce fonctionnaire burundais a longtemps vécu aux Etats Unis, en sa qualité d'ambassadeur, et se souvient que plus de 30 millions de Noirs y vivent.
Il s'agirait pour lui, de la 9ème puissance financière après les huit pays les plus riches du monde.
Kavakure a rappelé les bonnes dispositions des noirs américains à investir leurs capitaux en Afrique.
Cette diaspora avait, en effet, initié depuis les années 90, des descentes de prospection des marchés africains à conquérir, une fois les deux ans.
Cela s'est passé au Gabon, au Togo ou encore au Sénégal jusqu'en 1995.
Depuis, plus rien, et il faut s'interroger sur les raisons profondes de la rupture, a-t-il ajouté.
Le NEPAD serait pour Kavakure, un autre cadre à ouvrir à la diaspora américaine.

30 juin 2003 17:21:00




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