Un responsable du MAEP souligne le rôle des médias dans la gouvernance

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Alors que certains pays membres du Mécanisme africain d'évalution par les pairs (MAEP) s'apprêtent à s'engager dans une évaluation de la deuxième génération des stratégies, le président du panel des personnalités du MAEP, le professeur Mohamed-Seghir Babes, a invité les médias du continent à faire davantage de reportages sur la perception des peuples de la bonne et de la mauvaise gouvernance.

"Dans le cadre de chaque mission d'évaluation, il y a une place spéciale réservée à la presse. C'est cette dernière qui traduit le mieux ce que les peuples considèrent comme la mauvaise gouvernance. Les journalistes sont nos partenaires", a déclaré M. Babes lors d'une réunion lundi avec les journalistes en marge de la 16ème session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine, qui se tient à Addis-Abeba.

Quatorze des 29 pays membres du MAEP ont achevé leur processus d'évaluation sur des sujets thématiques divers comme la démocratie et la gouvernance politique, la gouvernance et la gestion économique, la gouvernance des entreprises et le développement socio-économique.

Le Forum de l'APR recommande des mesures pour pallier les  insuffisances et demande à chaque pays évalué de présenter un rapport au bout d'un an sur son plan d'action concernant cette évaluation.

"C'est une décision du panel de nous ouvrir à la presse et de recueillir les réactions des journalistes. Nous voulons que la presse soit libre et responsable en faisant son travail, mais également qu'elle respecte les autres. C'est un principe que nous considérons comme universel et absolument nécessaire", a déclaré le professeur Babes, qui a pris la présidence du forum en juillet 2010.

En insistant sur le fait que la liberté d'expression et la liberté de la presse étaient des principes fondamentaux de la bonne gouvernance, il a déclaré que les gouvernements africains devaient appliquer les valeurs de la transparence dans tous les domaines de la gouvernance.

"Plus nous serons transparents mieux cela vaudra. Nous devons exercer un leadership collectif pour nous assurer que dans tous les pays il y ait la liberté d'expression et de la presse", a souligné M. Babes, en notant que le MAEP était une initiative unique des dirigeants africains et qu'aucun autre système similaire n'existait ailleurs dans le monde.

"Ce qui explique pourquoi les pays du G20 accordent une grande attention à ce que nous faisons parce que cette initiative a une autorité morale... autrement, nous ne serions qu'une bureaucratie de plus", a-t-il indiqué.

Bien que la participation au MAEP soit ouverte à tous les 53 Etats membres de l'UA, seuls 29 d'entre eux jusqu'en janvier 2011 ont adhéré à ce mécanisme en signant son protocole d'accord.

Les membres du MAEP sont l'Afrique du Sud, l'Algérie, l'Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, Djibouti, l'Egypte, l'Ethiopie, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, Maurice, le Mozambique, le Nigeria, l'Ouganda, la République Démocratique du Congo, le Rwanda, Sao Tome et Principe, le Sénégal, la Sierra Leone, le Soudan, la Tanzanie, le Togo et la Zambie.

Depuis le lancement du mécanisme il y a 10 ans, le Forum APR a achevé les processus d'évaluation du Ghana, du Rwanda, du Kenya, de l'Afrique du Sud, de l'Algérie, du Bénin, de l'Ouganda, du Nigeria, du Burkina Faso, du Mali, du Mozambique, du Lesotho, de Maurice et dernièrement de l'Ethiopie.

"Nous accélérons notre rythme de travail, mais c'est également un exercice d'apprentissage de l'auto-évaluation. Toutes ces parties prenantes ont mis en place un type de structure de renforcement des capacités pour que nous puissions collectivement nous approprier cette activité. Si nous y participons tous, l'exercice n'en sera que plus stimulant", a expliqué M. Babes.

Selon le président du panel des personnalités du MAEP, le Ghana et le Kenya sont sur le point de procéder à une évaluation de deuxième génération et le Forum APR étudie les progrès de ces pays et vérifient s'ils remplissent les conditions pour cette prochaine étape en matière d'éthique professionnelle.

Concernant l'Ethiopie, dont le rapport d'évaluation a été examiné le 29 janvier 2011 lors du 14ème Forum des chefs d'Etat et de gouvernement à Addis-Abeba, M. Babes a déclaré que ce pays était "un cas spécial", vu son histoire basée sur une souveraineté permanente dans toutes les décisions qu'elle prend depuis des siècles.

Il a déclaré que l'Ethiopie, contrairement aux autres pays africains qui avaient subi le colonialisme et l'esclavage, présentait des conditions d'évolution similaires à des pays comme la France, l'Allemagne et l'Italie.

Tandis que les stigmates de l'esclavage et de la colonisation sont toujours présents dans les autres pays africains, il a indiqué que l'Ethiopie était passée d'un système féodal à un état marxiste-léniniste et s'orientait vers une nouvelle gouvernance. "Ce sont des choses que nous gardons à l'esprit durant les missions d'évaluation", a déclaré M. Babes.

"Nous avons un contexte spécifique dans lequel nous associons les pays africains aux droits fondamentaux universels. Les chefs d'Etat doivent se pencher sur des questions transversales comme celles des élections, de la gouvernance des entreprises, de la gestion des ressources naturelles et de la gestion économique. Leurs opinions peuvent diverger mais qu'ils aient l'objectif de donner à un pays évalué le miroir de son plan d'action", a-t-il expliqué.

Alors que le reste du monde s'attend à ce que l'Afrique joue son rôle dans les affaires mondiales, M. Babes a déclaré que le MAEP faciliterait la gestion des systèmes visant à promouvoir le développement des populations pour permettre à l'Afrique de rattraper les autres régions.

-0- PANA AR/SEG/FJG/TBM 31jan2011

31 janvier 2011 22:00:04




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