Un rapport du MAEP souligne les défis des 50 ans d'union de la Tanzanie

Addis-Abeba, Ethiopie (PANA) - Malgré la stabilité politique et l'unité nationale qui font la force de la Tanzanie, ce pays d'Afrique de l'Est est confronté au défi de maintenir une union de près de 50 ans, née de la fusion du Tanganyika (sur le continent) et des îles de Zanzibar, selon un rapport du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP) publié à Addis-Abeba.

Avec le retour en 1992 à un Etat multipartite, le double problème de la gestion constructive de la diversité et de l'Etat de l'union est régulièrement évoqué lors des débats actuels sur les affaires publiques et l'avenir de la Tanzanie,  fait remarquer le rapport du MAEP.

"Cet avenir dépend de la gestion constructive de ces questions étroitement liées, car elles posent des défis et représentent des opportunités inhérentes à leur nature à l'évolution du pays vers une démocratie consolidée et un développement axé sur les populations.

"La bonne gestion de ces questions est essentielle pour que le pays garde sa stabilité politique, reste sur la voie du développement économique et maintienne la cohésion sociale entre les divers groupes ethniques, régionaux, religieux", souligne le rapport.

Selon le MAEP, les Tanzaniens devraient considérer le processus national de révision constitutionnelle comme une opportunité de poser et de résoudre les défis de la dynamique de l'Etat multipartite, de l'ouverture néo-libérale et de l'expansion des espaces économiques et sociaux dans le pays.

Un autre grand défi pour les Tanzaniens, selon le rapport, est la redéfinition du rôle de l'Etat; le renforcement de la gestion économique et du cadre de gouvernance de l'investissement; la promotion d'une croissance inclusive et la transformation structurelle de l'économie; la résolution des lacunes de la mise en oeuvre; la réduction de la dépendance à l'aide; la gestion des changements politiques et sociaux et la promotion de l'autonomisation et de l'entrepreneuriat.

Le rapport du MAEP note que la force de la Tanzanie repose sur la stabilité politique et unité nationale, la tolérance religieuse, une population jeune ainsi que sur des ressources minières, foncières et d'autres ressources naturelles.

"Même si les partenariats public-privé actuellement en vigueur en Tanzanie vont accroître l'autonomie nationale, il reste encore beaucoup à faire pour détourner le pays de l'aide extérieure", souligne la mission d'évaluation de la Tanzanie dans le rapport.

Cette mission, conduite par Barrister Akere Muna, a visité la Tanzanie du 02 au 23 mars 2012.

Elle comprenait 21 experts africains de premier plan des institutions partenaires du MAEP - la Banque africaine de développement, la Commission économique pour l'Afrique et le Programme des Nations unies pour le développement, ainsi que des membres du Secrétariat  africain d'évaluation par les pairs.

Leur rapport indique que les difficultés rencontrées par la Tanzanie pour promouvoir et défendre les droits humains sont symptomatiques du défi plus large consistant à maintenir une démocratie et un développement durables par le biais d'un gouvernement constitutionnel, le respect de l'Etat de droit et le pluralisme politique.

"Une cause d'inquiétude à cet égard est le fait que la Constitution et la législation de 1997 prévoient peu d'institutions de promotion de la démocratie dans le pays", selon le rapport, qui cite ces institutions comme la Commission des droits de l'Homme et de la Bonne gouvernance, le Bureau de prévention et de lutte contre la corruption, le Secrétariat de l'éthique, la Commission électorale nationale et l'Office d'enregistrement des partis politiques -- qui ont tous une indépendance limitée et qui travaillent dans des conditions très contraignantes.

Concernant la gestion des ressources naturelles, le rapport note neuf sujets de préoccupation durant les consultations de l'équipe du MAEP avec les parties concernées.

Il s'agit des avantages fiscaux trop généreux, de l'évasion fiscale et de la baisse des recettes fiscales; des mauvais contrats; des faibles niveaux de responsabilité et de transparence; de l'irresponsabilité environnementale; du faible impact de la main-d'oeuvre et des violations des droits humains; de la faible intégration avec les autres secteurs économiques; de la mise à l'écart des investisseurs locaux et de leur faible impact économique; de l'incapacité du gouvernement à réglementer et à administrer ce secteur.

"Le gouvernement de la Tanzanie devrait envisager de réviser les nouvelles lois sur l'exploitation minière afin de rassurer les acteurs concernés et le public en général sur le fait que les problèmes de gouvernance dans ce secteur vont être résolus", recommande le rapport.
-0- PANA AR/VAO/FJG/JSG/IBA 27jan2013

27 janvier 2013 10:40:52




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