Un rapport de Human Rights Watch dénonce le travail des enfants dans la filière aurifère au Ghana

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) – Un rapport de l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW) publié mercredi à la veille de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le travail des enfants, le 12 juin, dénonce le travail des enfants dans des conditions dangereuses dans les mines d’or artisanales et clandestines au Ghana.

Le rapport de 82 pages titré "Métal précieux, travail à bon marché : travail des enfants et responsabilité sociétale des mines d’or artisanales du Ghana", documente l’exploitation et le travail des enfants dans des mines artisanales ou clandestines.

Ces enfants estimés à plus d’un millier travaillent dans des conditions d’extrême dangerosité, extrayant l’or des puits avec la manipulation de mercure toxique en violation de la législation ghanéenne et internationale.

La plupart de ces enfants-orpailleurs sont âgés entre 15 et 17 ans, même si on en trouve de plus jeunes. Certains qui vont à l’école, le font pour payer leur frais de scolarité, les autres ont soit abandonné l’école ou y vont irrégulièrement.

Selon le chercheur de HRW sur les droits des enfants et auteur du rapport, Juliane Kippenberg, certains travaux sont acceptables pour les enfants, mais les mines d’or clandestines du Ghana sont des lieux dangereux où aucun enfant ne devrait travailler.

"Les entreprises achetant de l’or au Ghana devraient exercer un contrôle sur toute leur chaîne d’approvisionnement afin de s’assurer qu’elles ne tirent pas profit du travail des enfants", a-t-elle relevé.

HRW souligne avoir mené des enquêtes de terrain depuis 2013 sur le travail des enfants dans les mines d’or des régions de l’ouest et du centre avec des équipes de chercheurs qui ont visité une dizaine de sites d’extraction d’or artisanaux et de petite taille et des sites de traitement, et ont interrogé plus de 160 personnes, dont 44 enfants orpailleurs âgés entre neuf et 17 ans.

HRW a fait le constat que des enfants ont été blessés et au moins l'un d'eux a été tué dans des éboulements de mines, certains souffrent de douleurs et de problèmes respiratoires, d’autres risquent des troubles cérébraux et des handicaps permanents dus à l’empoisonnement au mercure.

Pour HRW, les entreprises devraient élaborer des politiques claires contre le travail des enfants, exiger des contrôles réguliers avec des visites inopinées et s’assurer que tous les contrats avec les fournisseurs spécifient l’interdiction du travail des enfants.

HRW appelle le gouvernement ghanéen à entreprendre des réformes majeures pour réguler, professionnaliser et formaliser le secteur artisanal de l’or et à lutter contre le travail des enfants dans ce secteur.

-0- PANA BAL/TBM/SOC 10juin2015

10 juin 2015 21:47:01




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