Un officiel de la CUA pour "une paix négocié" au Darfour

Addis-Abeba- Ethiopie (PANA) -- L'Union africaine (UA) est favorable à "une paix négociée" dans la région soudanaise du Darfour, plutôt qu'aux mandats d'arrêt délivrés contre le président soudanais Omar Hassan el-Béchir et d'autres personnes par la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé le vice-président de la Commission de l'UA (CUA), M.
Erastus Mwencha, dans une interview exclusive accordée vendredi à la PANA à Addis-Abeba.
M.
Mwencha a cependant réaffirmé que l'organisation ne saurait cautionner aucune forme d'impunité, qules que soient les circonstances.
Le vice-président de la Commission réagissait aux préoccupations croissantes sur le fait que l'organisation servait de bouclier au président soudanais pour lui éviter d'être traduit en justice pour son rôle présumé dans les massacres au Darfour, où environ 300.
000 personnes ont été tuées et deux millions d'autres déplacées par ce conflit qui a éclaté en 2003.
"Le cas du Darfour est unique.
Nous ne pouvons sacrifier la paix au nom de la justice.
Nous sommes intéressés par des processus qui se complètent mutuellement, mais qui ne remettent pas l'un ou l'autre en question", a déclaré M.
Mwencha.
La CPI souhaite que M.
el-Béchir, qui doit arriver ce vendredi dans la capitale éthiopienne pour le 12ème sommet de l'UA, soit poursuivi pour crimes contre l'humanité, génocide et violations graves des droits de l'Homme.
La CUA et la Ligue arabe, dans le cadre de l'Initiative du Qatar, souhaitent le retrait de ces mandats d'arrêt et leur remplacement par un panel d'éminentes personnalités africaines, dirigé par l'ex- président sud-africain, Thabo Mbeki, pour se pencher sur le cas de M.
el-Béchir.
Les deux organisations invoquent l'Article 16 du Statut de Rome qui est à l'origine de la création de la CPI, qui prévoit que l'on surseoit aux mandats d'arrêt quand la situation l'exige.
M.
Mwencha a estimé que M.
el-Béchir avait un rôle important à jouer dans la paix au Darfour et que son arrestation et sa poursuite en justice ne pourraient qu'entraîner une escalade de la crise.
Alors que se profile le sommet des chefs d'Etat du 1er au 03 février, la CUA s'est déclarée scandalisée par la propension de la CPI à s'en prendre aux chefs d'Etat africains.
Lors d'une conférence de presse en début de semaine, le président de la CUA a critiqué la CPI pour son insensibilité à la crise humanitaire au Darfour et sa présumée aversion pour toute procédure alternative.
M.
Ping a accusé la CPI d'appliquer une justice sélective et à "double vitesse" pour sanctionner une présumée impunité en Afrique.
M.
Mwencha a estimé que la paix devait précéder la justice, en ajoutant: "Une fois que cela sera fait, nous appuierons les poursuites engagées contre toute personne citée dans les mandats d'arrêt de la CPI".

30 janvier 2009 16:01:00




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