Un militaire et un civil tués dans des embuscades au Burundi

Bujumbura- Burundi (PANA) -- Un militaire gouvernemental et un civil ont été tués mercredi matin, sur la route nationale numéro 5 (RN5) reliant Bujumbura aux régions du Nord-ouest du Burundi, à la suite de deux embuscades séparées, attribuées au Front national de libération (FNL, rébellion), apprend-on de source sécuritaire dans la capitale Burundaise.
La première embuscade matinale a ciblé une patrouille mobile de l'armée régulière affectée à la sécurité de la RN5, selon les informations fournies à la presse, par le porte-parole des militaires gouvernementaux, le commandant Adolphe Manirakiza.
Dans la foulée de l'attaque, un soldat loyaliste a été tué par balles des assaillants et un autre blessé, d'après toujours le commandant Manirakiza.
Quelque temps après, un bus de transport en commun qui empruntait la RN5, a été mitraillé par des hommes en armes qui seraient également ceux du FNL, a-t-on encore appris de source militaire gouvernementale.
Un passager civil du bus a été tué dans l'attaque contre le bus de transport en commun avant que les assaillants ne se replient dans la réserve naturelle de la Rukoko, non loin de la frontière ouest avec la RD Congo voisine.
Le responsable militaire gouvernemental a en outre, fait état d'entraînements intensifs de jeunes recrutés par le FNL sur le territoire de la RD Congo, ce qui présage d'une possible intensification des activités militaires du dernier mouvement rebelle encore actif au Burundi.
Le FNL a d'ailleurs accentué ses attaques militaires sur Bujumbura et les environs immédiats durant le mois de mars dernier.
D'aucuns commençaient à espérer plutôt une accalmie durable après une offre ferme, ces derniers jours, du FNL de cesser unilatéralement et dans l'immédiat, les hostilités en vue d'entrer dans des négociations de paix avec le Gouvernement de Bujumbura.
Toujours dans le registre de l'insécurité, trois personnes d'une même famille, ont été tuées par grenade, dans la nuit de mardi, en province de Kayanza, au Nord du Burundi.
Les victimes sont de la famille du commandant Prime Yamulemye, en charge de la sécurité présidentielle.
Kayanza est une province natale du chef de l'Etat Domitien Ndayizeye ou l'ex-principale rébellion des Forces pour la défense de la démocratie (FDD) sont à couteaux tirés avec le parti présidentiel du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU) en cette période de pré-campagne électorale dans le pays.
Dans la journée de mardi, le pays entier a retenu son souffle pendant des heures en apprenant un face-face extrêmement tendu entre une foule imposante de militants des FDD et l'administration locale du FRODEBU soutenue par des militaires gouvernementaux au chef lieu de la province de Kayanza.
Le leader des FDD a été empêché de tenir un meeting populaire sur place à Kanyanza, ce qui a mis en colère les militants contre la mesure ''arbitraire'' de l'administration ''Frodebiste'' dans la région.
Une médiation active des casques bleus de l'opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) aurait permis d'apaiser in-extremis les tensions politiques de mardi à Kayanza.
Mais cela risque d'être une accalmie de courte durée, dans les rivalités entre les FDD et le FRODEBU dans la symbolique région natale du Président Ndayizeye.
Ce dernier est attendu en visite de travail jeudi dans la journée, à Kayanza.
Le porte-parole présidentiel, Pancrace Cimpaye, a déclaré devant la presse mercredi à Bujumbura, que des commandos en civil et armés de pistolets par les FDD, ont commencé à sillonner la nuit dernière les villages de Kayanza, pour intimider et dissuader les populations locales à venir au meeting populaire du Président Ndayizeye de jeudi.
Cimpaye Pancrace n'a pas exclu que l'attentat à la grenade de la nuit de mardi qui a endeuillé la famille de Kayanza visait à terroriser la population et à empêcher la visite présidentielle à Kayanza, après celle avortée dans la journée du numéro trois de l'exécutif burundais, le ministre d'Etat, en charge de la bonne gouvernance et de l'inspection générale d'Etat, Pierre Nkurunziza.
''Le président de la République ne va pas céder à un terrorisme du genre et va visiter Kayanza pour rassurer et calmer les populations locales'', a ajouté Cimpaye.
On rappelle qu'un accord global de cessez le feu entre les ex-FDD et le régime en place à Bujumbura court depuis Novembre 2003.
Il avait permis le retour effectif à la paix et à la sécurité dans 16 des 17 provinces du Burundi.
Seule la province de Bujumbura rural, frontalière avec la capitale Burundaise, reste sous la coupe réglée du FNL.
La montée généralisée des périls commence à inquiéter, à l'approche des élections générales post-transition théoriquement prévues sous peu, mais qui n'ont toujours pas de calendrier précis, malgré un risque de plus en plus évident de vide institutionnel à l'horizon.

20 avril 2005 18:30:00




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