Un journal privé d’opposition définitivement interdit de publication au Congo

Brazzaville, Congo (PANA) – Le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), organe de régulation des médias au Congo, a décidé jeudi à Brazzaville, d’interdire définitivement de publication le journal privé d’opposition,‘’Talassa’’ au Congo, pour non professionnalisme dans le traitement de ses informations, annonce vendredi la radio Congo.

‘’Le journal privé ‘’Talassa" est définitivement interdit de parution sous toutes les formes sur le territoire national’’, selon le CSLC, qui accuse ce journal d’avoir publié dans sa dernière publication un article ‘’injurieux’’ et fait ‘’offense’’ au chef de l’Etat.

Cette décision du CSLC intervient après l’arrestation de son directeur général, Ghys Fortuné Dombé Bemba, 49 ans, soupçonné d’avoir commis des faits de complicité d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État en relation avec l’ancien chef rebelle, Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi.

Le directeur de publication de l’hebdomadaire indépendant Thalassa "fait l’objet d’une interpellation par les services de la police judiciaire", écrit le procureur de la République, André Ngakala Oko, dans un communiqué de presse parvenu vendredi à la PANA.

"Il est à ce jour soupçonné d’avoir commis des faits de complicité d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État en relation avec Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi", ajoute le communiqué, qui indique qu’une enquête a été ouverte contre le journaliste qui sera présenté devant le parquet.

Originaire du département du Pool, au Sud du Congo, comme le Pasteur Ntumi, M. Dombé Bemba dirige depuis plus d’une décennie le journal Thalassa qui publie des articles critiques et fait régulièrement des révélations sur des abus imputés au pouvoir de Brazzaville.

Il est le  premier journaliste soupçonné de complicité avec l’ancien chef rebelle Ntumi dont les éléments, ex-combattants ninjas, ont affronté l’armée régulière entre 1998 et 2003 dans la région du Pool, voisine de Brazzaville.

Suite à la validation par la Cour constitutionnelle des résultats de la présidentielle du 20 mars 2016 contestés par l’opposition, ayant consacré la réélection du président Denis Sassou Nguesso, le Pool est replongé dans la violence. Le pasteur Ntumi et ses ex-combattants sont accusés d'y commettre des exactions contre la force publique et les populations civiles.

Quant aux problèmes du directeur de publication du journal privé ‘’Talassa’’ avec la justice, le président du CSLC, Philippe Mvouo, a déclaré que son institution n’a pas à interférer, car elle ne dit pas le droit.

-0- PANA MB/IS/SOC 13janv2017

13 janvier 2017 17:26:53




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