Un journal kenyan fustige l'attitude de l'Occident

Nairobi- Kenya (PANA) -- Le quotidien kenyan Daily Nation a appelé les dirigeants des pays pauvres à tirer la leçon de l'attitude des pays riches envers la Conférence mondiale contre le racisme (CMCR), qui se tient depuis vendredi à Durban, et de s'unir pour protéger leurs intérêts.
"La leçon que les dirigeants des pays pauvres doivent tirer de cette Conférence est l'importance et l'urgence d'agir ensemble dans leurs propres intérêts.
Leur expérience d'acquiescer aux désirs de la soi-disant communauté internationale ne s'est pas révélée payante", écrit le journal dans son édition de lundi.
"En fait, les nations qui ont adopté une approche plus indépendante s'en sortent beaucoup mieux que les "bons élèves".
La Chine et la Malaisie sont de bons exemples en la matière", indique ce quotidien privé dans un éditorial intitulé "L'Occident fait une bourde à Durban" et où il fustige la communauté internationale pour ne jamais parler le langage de la justice dans ses rapports avec les pays pauvres.
"Elle (la communauté internationale) pourrait avoir des paroles rassurantes.
Elle pourrait faire un geste occasionnel, mais le discours entre les deux parties est invariablement celui de l'avantage économique, de l'opportunisme militaire et de la domination culturelle de l'un sur l'autre", ajoute le Daily Nation.
Il souligne que la communauté internationale -un euphémisme pour l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, le Japon, l'Australie et la Nouvelle Zélande- continue d'utiliser la majeure partie des ressources naturelles mondiales pour produire la plupart de ses richesses et en profiter.
Elle se mêle ouvertement de la marche des économies du reste du monde alors que la sienne reste fermée à tous et elle a continué à imposer sa puissance militaire ainsi que sa domination culturelle et économique par l'association savante du chantage économique (du type de ce que l'on appelle les conditionnalités de l'aide), de l'intervention armée et de la propagande pure, écrit encore le journal.
L'éditorialiste indique que parfois il semble que la "communauté internationale" n'a plus de dirigeants visionnaires, des hommes et des femmes capables de réaliser que les relations actuelles entre le Nord et le Sud ne sont plus viables à long terme, que les questions qui préoccupent les pays pauvres ne peuvent être ignorées indéfiniment et que plus tôt elles recevront une certaine attention, plus les pays du monde pourront aspirer à un avenir commun.
Le journal affirme que les nations puissantes ont évité la Conférence des Nations Unies sur le racisme en Afrique du Sud, en grande partie parce que leurs élites dirigeantes n'ont pas été des victimes.
Ainsi, souligne-t-il, "les nations riches, avec à leur tête les Etats-Unis, ont réussi à banaliser le programme de la réunion et à la réduire à une seule question: la dureté des propos contre Israël", en ajoutant que même quand un compromis avait été trouvé sur cette question, "Washington n'était pas représenté à la conférence".
Cependant, le journal félicite les Nations unies pour avoir prêté attention à des questions préoccupant le tiers monde telles que le SIDA, la pauvreté et maintenant le racisme, même sans le soutien de l'Occident.
Ce programme devrait s'étendre au commerce et à la justice économique.
"Tout simplement parce que la "communauté internationale", sur son piédestal confortable, ne veut pas parler le langage de la justice, cela ne signifie pas que celui qui les portent ne doit pas sentir que ses chaussures le serrent -et faire quelque chose pour se sentir mieux", insiste le Daily Nation.

03 septembre 2001 21:47:00




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