Un intellectuel camerounais pour une identité continentale

Dakar- Sénégal (PANA) -- A la veille de l'ouverture de la conférence des intellectuels d'Afrique et de la Diaspora, prévue à Dakar, un délégué a affirmé ce mercredi à la PANA, qu'une identité africaine commune est concevable, étant donné qu'il est possible de trouver des points de convergence dans les différences culturelles qui résultent des frontières artificielles imposées par la colonisation.
Selon le Professeur Charles Binam Bikoi, directeur de la recherche et secrétaire exécutif du Centre de Recherche et de Documentation sur les Traditions orales et pour le Développement des Langues africaines (CERDOTOLA), basé à Yaoundé, au Cameroun, qui s'exprimait au cours d'un entretien avec la PANA, les frontières coloniales ont été tracées à une époque où le phénomène de la migration des peuples africains était en plein essor, ce qui favorisait d'intenses échanges culturels.
M.
Bikoi qui est présent à Dakar pour prendre part à l'ouverture de cette conférence de trois jours, a affirmé que les langues africaines ont un certain nombre de caractéristiques communes, tout en insistant sur les similitudes qu'elles renferment.
"Par conséquent, c'est le rôle des intellectuels de proposer une approche transculturelle afin de construire l'intégration et une identité commune pour le continent", a-t-il indiqué, faisant référence à un thème majeur de l'ordre du jour de la Conférence : l'identité africaine dans un contexte multiculturel.
M.
Bikoi a encore cité le cas des tribus et cultures qui traversent les peuples du Cameroun, du Congo, du Gabon et de la Guinée équatoriale, affirmant que ces similitudes anthropologiques pourraient être mises à profit afin de faire pièce aux préjugés essentiellement causés par les scissions nées de la colonisation.
Il a rejeté l'affirmation selon laquelle la complexité de l'Afrique, véritable mosaïque culturelle, rendrait vaine toute quête d'une identité continentale.
"L'Europe n'est pas moins diversifiée, avec ses peuples nordiques, ses Anglo-saxons, ses Slaves et autres peuples.
Cependant, ils luttent pour l'instauration d'une identité européenne.
L'Union européenne, avec ses 25 Etats, a plus de langues que les Nations Unies, qui n'utilisent que six langues, c'est pourquoi il n'y a rien d'utopique dans la quête d'une identité commune par l'Afrique", a-t-il expliqué.
Il a ensuite salué l'initiative qui avait permis la convocation de la conférence de l'intelligentsia africaine, regrettant cependant que si elle n'a rien à envier aux autres régions du monde en termes de ressources humaines, l'Afrique reste handicapée par les doutes infondés sur ses capacités intellectuelles et aussi, le fait que les autres continents la forcent sans raison, à se sentir inférieure.
"En ce début du 21ème siècle, l'enjeu d'une telle conférence est de lancer la dynamique des échanges intellectuels avec le reste du monde.
L'Afrique doit se débarrasser de tout complexe, sachant qu'elle a beaucoup à offrir au reste du monde", a-t-il déclaré.

06 octobre 2004 21:33:00




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