Un expert onusien recommande la levée des obstacles à la promotion des femmes au Sénégal

Abidjan, Côte d’Ivoire (PANA) – La présidente du groupe de travail de l’Onu sur la discrimination contre les femmes dans la législation et dans la pratique, Emna Aouij, a recommandé vendredi, au terme d’une visite d’une dizaine de jours au Sénégal, la levée des obstacles socio-culturels qui empêchent les femmes sénégalaises de réaliser pleinement leurs droits.

"Il est inadmissible que sous le prétexte de la tradition, des coutumes ou encore la pauvreté, des filles et des femmes voient leurs droits fondamentaux bafoués, soient violentées, abusées et vivent dans des conditions indignes", a déclaré l’experte de l’Onu.

Mme Aouij a recommandé de briser les chaînes du silence et de l’inégalité pour permettre aux femmes sénégalaises d’obtenir une plus grande autonomie, d'être dûment formées et informées, de mener des activités économiques leur assurant un développement économique durable et de pouvoir accéder à la justice, sans discrimination aucune.

Elle a aussi insisté sur la nécessité de modifier certaines dispositions légales, en particulier celles stipulant la puissance maritale et paternelle dans le Code de la famille sénégalais.

L’experte s’est félicitée que le Sénégal ait atteint la parité de genre dans l’accès à l’éducation primaire et un taux brut de scolarisation des filles de 98%. Elle a toutefois souligné que les abandons scolaires restaient beaucoup plus élevés chez les filles.

"Les travaux domestiques, les abus sexuels en milieu scolaire, les mariages et les grossesses précoces sont autant de facteurs d’échec scolaire", a expliqué Mme Aouij.

Dans le domaine de la santé, Mme Aouij a relevé qu’il reste encore beaucoup à accomplir pour que les femmes sénégalaises puissent pleinement bénéficier de leur droit à la santé.

Le Sénégal a par ailleurs l’une des lois sur l’avortement les plus restrictives d’Afrique et qui pénalise surtout les femmes en situation de précarité socio-économique.

Le groupe de travail a marqué son soutien au projet de loi en cours visant à élargir l’avortement médicalisé aux cas de viol et d’inceste.

Toutefois, le Sénégal a réalisé des progrès considérables en termes de participation des femmes à la vie politique, notamment grâce à la loi sur la Parité de 2010. Le Sénégal occupe le 7ème rang mondial quant au nombre de femmes parlementaires.

Au cours de cette visite officielle entamée le 7 avril dernier pour s’achever ce vendredi, la présidente du groupe de travail s’est rendue à Dakar,  à Yeumbeul, à Pikine, à Kaolack, à Diourbel, à Fandène et à Thiès.

Les conclusions et recommandations de cette visite seront développées dans un rapport qui sera présenté au Conseil des droits de l’homme en juin 2016.

-0- PANA BAL/BEH/SOC   17 avril 2015

17 avril 2015 20:55:29




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