Un expert en alimentation exhorte à des stratégies appropriées pour faire face à la «faim cachée» en Afrique au Sud du sahara

Kigali, Rwanda (PANA) – L'Afrique au Sud du Sahara doit relever le défi de mettre fin aux pertes alimentaires qui se produisent la plupart du temps au stade de la transformation et du stockage, afin de réduire les taux alarmants de la faim et de la sous-alimentation, a indiqué mardi à Kigali, le directeur général du International Food Policy Research Institute (IFPRI) basé aux Etats-Unis, Shenggen Fan, au cours d'une interview exclusive.

À son avis, la faim et les cas répandus de malnutrition dans la région sont le résultat de mauvaises décisions politiques dans le traitement des deux problèmes étroitement associés.

Selon l'expert en alimentation, la domination de l'idéologie sur des preuves, l'accent sur les investissements agricoles à court terme tels que les subventions sur investissement à long terme et la participation limitée du secteur privé dans l'agriculture sont quelques exemples expliquant pourquoi certaines parties de l'Afrique au Sud du Sahara font face encore à un certain nombre de défis à relever pour aborder le manque chronique de vitamines et de minéraux qui affecte des millions de personnes à travers le continent.

"Actuellement, la faim cachée altère la croissance physique et l'apprentissage chez les enfants et est associée à un faible niveau scolaire et des salaires plus bas plus tard dans la vie", a déclaré le Dr Fan, notant que les progrès ont été entravés par l'absence de filets de sécurité sociale pour protéger les populations vulnérables.

Il a déclaré que des filets de sécurité sont importants lorsque l'on considère l'augmentation des chocs climatiques plus fréquents et plus intenses, qui mettent les ménages vulnérables encore plus à risque.

Dans le dernier indice de la faim mondiale (IGS) publié début octobre, l'IFPRI estime que les pays comme le Rwanda qui ont amélioré leurs scores en termes de prévalence de la malnutrition, des enfants de poids insuffisant et de la mortalité infantile, doivent encore travailler à l'amélioration de la nutrition, qui aidera à la réduction de la pauvreté.

Cependant, les chercheurs affirment que, bien que la pauvreté limite l'accès à des aliments nutritifs, la faim et la sous-nutrition sont également des causes de la pauvreté, résultant en une relation à double sens.

"C'est pourquoi, éliminer la faim et la sous-nutrition signifie mettre plus d'argent dans les poches des pauvres et leur permettre de mener une vie saine, contribuant ainsi directement à mettre fin à l'extrême pauvreté», a déclaré Fan.

Les régimes principalement basés sur les cultures de base telles que le maïs, le blé et le riz, avec peu de diversité dans les aliments d'origine animale, les fruits, les légumes sont les causes communes de la faim cachée, a-t-il souligné.

"Une façon de réduire les pertes de produits alimentaires et donner la priorité à l'investissement pour éradiquer la faim et la sous-nutrition consiste pour les gouvernements à réduire les subventions sur la production de céréales de base, ainsi que de l'eau, de l'électricité et des engrais", a suggéré le Dr Fan.

Afin d'assurer de façon économique et durable pour prévenir la faim cachée chez les enfants, il a déclaré qu'une alternative clé réside dans de meilleures pratiques de l'allaitement maternel associé avec de la nourriture complémentaire nutritive.

"Les décideurs devraient s'employer à promouvoir la diversification des régimes alimentaires, l'enrichissement des aliments commerciaux, la bio-fortification et la supplémentation comme des avenues pour réduire la faim cachée», a souligné Fan.
-0- PANA TWA/AR/MTA/IS/SOC 21oct2014

21 octobre 2014 21:28:50




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