Un expert des droits de l'Homme de l'ONU exige la libération d'un journaliste sud-soudanais

New York, Etats-unis (PANA) - Le rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, M. David Kaye, a appelé, jeudi, le gouvernement du Soudan du Sud à libérer immédiatement Alfred Taban, un éminent journaliste et rédacteur en chef du journal quotidien anglais, "Juba Monitor".

M. Taban a été arrêté le 16 juillet par des agents des services de sécurité nationale, un jour après la publication d'un article éditorial dans lequel il a appelé à la révocation du président du Soudan du Sud, Salva Kiir et du premier vice-président, Riek Machar, les critiquant pour leur échec dans la mise en œuvre de l'Accord de paix d'août 2015.

Il est actuellement détenu sans inculpation.

Un communiqué de l'ONU transmis à la PANA à New York a cité M. Kaye déclarant: « Il est crucial pour un pays, qui cherche à établir la paix et la stabilité, qu'il prenne des mesures actives pour encourager la liberté d'expression pour tout le monde. Toute pression contre les journalistes sur la base du contenu de leurs rapports représente des étapes régressives que le Soudan du Sud ne peut pas se permettre de prendre".

Il a noté que l'opinion de M. Taban est venue comme une réponse aux violents affrontements à Juba, le 7 juillet, entre les forces gouvernementales fidèles au président Kiir et les fidèles au premier vice-président Machar, faisant des centaines de morts.

"L'incident a été récemment décrit comme une violation flagrante de l'accord de paix par mon collègue, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'Homme des personnes déplacées, Chaloka Beyani", a-t-il indiqué.

L'expert des droits de l'Homme de l'ONU a également déclaré: « L'arrestation et la détention de M. Taban sont illégales, car elles sont directement liées à l'exercice légitime de son droit à la liberté d'expression".

M. Kaye a également noté que la détention de M. Taban est la dernière d'une série d'attaques contre les journalistes et les médias au Soudan du Sud, qui ont été à la hausse depuis le début du conflit de la mi-décembre 2013, déclarant que plusieurs journalistes auraient été tués ou détenus sans procès et un certain nombre de journaux ont reçu l'ordre de fermer.

Il a exhorté les autorités du Soudan du Sud à arrêter le ciblage des journalistes et de respecter le droit à la liberté d'expression garanti à tout le monde, conformément à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

La PANA rapporte que la déclaration de M. Kaye a également été approuvée par le rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des défenseurs des droits de l'Homme, Michel Forst et le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
-0- PANA AA/VAO/MTA/BEH/IBA 21juil2016

21 juillet 2016 17:09:30




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