Un dignitaire libyen met en doute la volonté des Nations de résoudre la crise en Libye

Tripoli, Libye (PANA) - Le président du Conseil des dignitaires de la Libye pour la réconciliation, Mohamed al-Moubachir, a accusé les Nations unies d'essayer de gérer la crise libyenne et non pas de la résoudre, une position illustrant l'impasse dans laquelle s'est engagée la médiation menée par la Mission d'Appui des Nations unies en Libye (Unsmil) qui parraine le processus politique en Libye.

"Les Nations unies, à travers son Envoyé, gèrent la crise libyenne et ne cherchent pas à la résoudre", a écrit, dimanche, M. al-Moubachir dans un post sur sa page Facebook.

Il a ajouté qu'"un grand nombre de Libyens cherchent en dehors du pays quelqu'un pour les faire accéder au pouvoir et déploient tous les efforts pour y parvenir", précisant que "l'apaisement de la conscience ne peut être à la portée des âmes trempées dans l'avidité".
Il a appelé à un "peu de dignité", en allusion à ce qui ne sont préoccupés que par la prise du pouvoir au détriment des intérêts de la collectivité nationale et du pays.

"Trois mois durant, j'ai essayé de me convaincre que les Nations unies essayaient de résoudre les problèmes entre les protagonistes libyens mais elles ont échoué à y parvenir", a-t-il ajouté sur Facebook.

Créé en 2012, le Conseil des dignitaires de la Libye pour la réconciliation est une structure  neutre composée de leaders de tribus et de la société civile, œuvrant dans le cadre de la légitimité nationale et sociale afin de créer un état de stabilité et d'harmonie sociale.

Les dignitaires ont réussi à résoudre les différends entre les parties au conflit sur le pouvoir en Libye et à conclure plusieurs accords d'apaisement conformément à l'autorité morale de la tribu et loin des surenchères politiques et médiatiques, affirme-t-on.

L'envoyé de l'Onu en Libye, Ghassan Salamé, a présenté, en septembre 2017, une feuille de route sur la Libye, portant dans la première phase sur la révision de l'Accord politique et la formation d'un Comité de rédaction pour développer les ajustements nécessaires, tandis que la deuxième phase comprend l'ouverture de la porte à ceux qui ont été exclus ou ont préféré eux-mêmes se retirer du processus politique à travers la convocation d'une conférence nationale inclusive pour identifier et choisir les membres des institutions exécutives, rappelle-t-on.

Dans le cadre de cette initiative, le Parlement et l'Autorité de rédaction du projet de la Constitution présentent le texte à un référendum populaire pour son adoption en plus du dialogue avec les groupes armés afin de les intégrer et d'unifier l'armée nationale.

A cela s'ajoutent la poursuite des efforts de réconciliation et la prise des mesures décisives pour les personnes déplacées, selon cette initiative qui prévoit qu'au terme d'une année que soient organisées des élections générales.
-0-PANA BY/BEH/IBA 25fév2018

25 février 2018 12:08:39




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