Un convoi des Nations-unies attaqué par des Ninjas dans le Pool

Brazzaville- Congo (PANA) -- Un convoi de véhicules des Nations unies a été attaqué samedi dans la mi-journée par des miliciens Ninjas, qui ont emporté de l'argent et du matériel de communication appartenant aux fonctionnaires onusiens, a-t-on appris dimanche à Brazzaville de source officielle.
Selon le ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Alain Akouala, le convoi, constitué de neuf véhicules, avait quitté Brazzaville jeudi pour aller faire une évaluation de la situation humanitaire dans le département du Pool.
Le but de l'évaluation était d'arriver à un plaidoyer en faveur d'une action humanitaire internationale accrue en faveur de cette partie du territoire congolais dévastée par des combats récurrents qui y ont cours depuis 1998 entre les forces gouvernementales et la rébellion du pasteur Ntumi.
"Le convoi a été attaqué à deux reprises.
La première attaque a eu lieu dans un petit village non loin de la gare de Missaffou, à environ 150 km au sud de Brazzaville, alors que la seconde s'est déroulée à Missafou", a indiqué le ministre.
Selon M.
Akouala, les assaillants, précisément des Ninjas, ont emporté, sous la menace de leurs armes, tout le matériel de communication de ces fonctionnaires des Nations-unies, ainsi que tout l'argent que ces derniers détenaient par-devers eux après une fouille systématique.
Le porte-parole du gouvernement a ajouté qu'en dépit de la brutalité des deux attaques, aucun blessé n'a été enregistré parmi les membres de la délégation, où se trouvaient également des journalistes de la télévision congolaise ainsi qu'un stringer de Reuters basé à Kinshasa et le correspondant de RFI au Congo, Alain Shungu.
Joint dimanche par téléphone par la PANA, Alain Shungu a confirmé cette attaque, qui est la première du genre dirigée contre les Nations-unies dans le département du Pool.
"Les Ninjas, armés de fusil Kalachnikov et de grenades, nous ont attaqués deux fois.
La première attaque a visé essentiellement les autorités administratives et politiques du Pool qui accompagnaient la délégation, tandis que la seconde a visé tout le convoi", a indiqué M.
Shungu, qui s'exprimait depuis Kinkala où s'est repliée toute la délégation en attendant son évacuation à Brazzaville.
"Les miliciens ont été très menaçants à l'égard des journalistes.
Le correspondant de l'agence Reuters a été déchaussé, tandis que moi, ils m'ont tout pris : mon sac, mon équipement de travail ainsi que mes pièces d'identité", a ajouté le correspondant de Radio France internationale.
Prié de donner les raisons de cette attaque contre un convoi des Nations-unies, M.
Shungu a dit : "les Ninjas réclament de l'argent.
Ils pensent que les Nations-unies en dépensent beaucoup dans leurs diverses missions dans le Pool sans penser à en donner aux miliciens".
La délégation onusienne a été attaquée après avoir quitté Kinkala, chef-lieu du Pool, pour poursuivre sa mission à Mindouli, où se trouvaient de nombreuses personnalités - parmi lesquelles l'ambassadrice des Etats-unis Renee Sanders Robinson - invitées à un tournoi de football organisé par la ministre congolaise du Commerce, Adélaïde Moundele Ngollo.
Le match s'est déroulé sans incident, et la diplomate américaine a regagné Brazzaville samedi sans problème, tandis que la délégation des Nations-unies rejoignait Kinkala à bord d'un hélicoptère en compagnie du représentant du PNUD au Congo, Aurélien Agbnonci.
Le Pool, situé au sud de Brazzaville, a été le théâtre de violents affrontements qui ont provoqué le déplacement de plus de 100.
000 personnes.
Malgré la fin des combats suite à un accord de paix signé par les belligérants en mars 2003 et en dépit du retour de la quasi- totalité de ses habitants, le Pool est resté, selon les ONG humanitaires, "un département sinistré" qui nécessite une intervention humanitaire accrue.
Parmi les clauses de ces accords de paix figurent, entre autres, le désarmement et la réinsertion des miliciens dans la vie sociale.
Les efforts entrepris par le gouvernement et ses partenaires des Nations-unies se sont jusque-là heurtés au refus du pasteur Ntumi de désarmer ses hommes.

24 avril 2005 14:41:00




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