Dakar- Sénégal (PANA) -- La qualité et la crédibilité des leaders des différents pays devraient déterminer la force de l'Union africaine (UA) dont l'Acte constitutif devrait entrer en vigueur le 26 mai, déclare un responsable d'une Organisation non gouvernementale basée à Dakar, spécialisée dans les questions de développement.
La constitution du projet d'Union africaine entre en application un mois après que le Nigeria fut devenu le 36ème pays à déposer ses instruments de ratification au secrétariat de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA).
S'adressant à la PANA à Dakar, le directeur du bureau ouest africain de "World Vision", Daniel Ole Shani a déclaré que le projet d'union ne restera solide que si les leaders respectent les dispositions de cet acte, qui a été adopté en premier en juillet 2000 à Lomé, au Togo.
M.
Shani, dont l'organisation chrétienne non politique, spécialisée dans le développement, dialogue avec les politiciens à différents niveaux, au Tchad, au Ghana, au Liberia, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et en Sierra Leone, a fait remarquer que pour le moment, il y a toujours "le problème des attentes non satisfaites" en ce qui concerne la démocratie sur le continent.
"Si la qualité des leaders qui forment l'Union est telle qu'ils ne peuvent pas eux-même offrir un leadership de qualité à leurs propres nations, il est peu probable que l'institution puissent être solide", a-t-il dit, insistant sur le fait qu'il s'exprimait à titre personnel, en tant qu'africain.
Ce ressortissant kényan dont l'ONG dirige des projets de réduction de la pauvreté dans 25 pays africains, a fait noter que de tels leaders non engagés avait empêché la mise en application de beacoup d'autres documents importants qu'ils ont signé.
Parmi ces documents on retrouve la déclaration universelle des droits de l'homme et la déclaration des Nations Unies sur les droits de l'enfant, a dit M.
Ole Shani dont l'ONG sponsorise le bien-être et la scolarité de 130.
000 enfants en Afrique de l'ouest.
Il a déploré la tendance qu'ont certains dirigeants africains à modifier la constitution de leur pays afin de rester au pouvoir.
Si ces derniers violent les droits fondamentaux de leur électorat, on ne devrait pas s'attendre à ce qu'ils respectent les traités internationaux, y compris les dispositions de l'UA.
Interrogé sur ses attentes par rapport à l'UA, M.
Ole Shani a dit que l'organisation panafricaine devrait se concentrer davantage sur la recherche de solutions aux problèmes de longue date du continent.
Elle devrait également effectuer des démarches concrètes pour donner jour à l'Union économique africaine auquel on aspire tant et dont l'existence est restée théorique.
"Je dis cela parce que les différentes unions économiques sous régionales qui existe actuellement n'ont pas été en mesure de traduire dans les faits toutes les politiques qu'elles ont formulé au départ", a précisé M.
Ole Shani, qui était directeur national de "World Vision" en Mauritanie avant de devenir directeur régional de l'ONG à Dakar.
La lutte contre le problème de plus en plus grave des réfugiés et personnes déplacées en raison de l'intensification des conflits civils, doit figurer parmi les priorités de l'UA.
"Quatre decennies après l'accession de la plupart des pays africains à l'indépendance politique, il y a une augmentation croissante et constante du nombre d'africains qui se voient refuser le droit de rester et de se retirer dans leurs villages ou villes natales, de vivre une vie décente ou d'élever et d'éduquer leurs enfants".
Le Liberia et la Sierra Leone, qui dépendent du bureau régional de Dakar, sont les plus grands fournisseurs de réfugiés en Afrique de l'Ouest.
Selon M.
Ole Shani, il y a une urgente nécessité à prendre des mesures en vue de réduire le taux de mortalité de millions d'enfants africains qui meurent chaque année de petites maladies qui sont évitables.
Les enfants africains constituent la majorité des 11 millions d'enfants à travers le monde qui succombent tous les ans à des maladies évitables, à la malnutrition ou en raison d'une mauvaise alimentation.
"Alors que la proclamation de l'Union africaine est une bonne chose, nous avons en même temps besoin de penser à investir des fonds au niveau des villages et des communautés de base afin d'améliorer les infrastructures sanitaires et la sécurité alimentaire afin de réduire ce genre de décès", a-t-il expliqué à la PANA.
Néanmoins a-t-il ajouté, la création de l'Union africaine sera encourageante d'un point de vue intellectuel et émotionnel pour la majorité des africains.
Mais l'institution qui succède à l'OUA devrait être plus orientée vers la "résolution des problèmes qui nous ont maintenu dans la pauvreté pendant ces dernières décennies", a-t-il conclu.