Un ancien responsable du Haut Conseil des Médias du Rwanda exclu de la Fonction Publique

Kigali, Rwanda (PANA) - Le directeur chargé de la Recherche et du développement des médias au sein du Haut Conseil des Médias (MHC, sigle en anglais), un organe étatique chargé du renforcement des capacités des professionnels de la presse, Nathan Baziyaremye Ntwali, a fait l'objet d'une exclusion "définitive" de la fonction publique pour "faute grave" dans l'exercice de son métier, a-t-on appris samedi, de source officielle à Kigali.

M. Ntwali avait été initialement suspendu de ses fonctions en juin 2017 par l'ancien Premier ministre rwandais qui lui reprochait alors des malversations financières à travers le détournement des fonds de soutien pour renforcer les capacités des journalistes rwandais.

Selon un communiqué émanant de la réunion du Conseil des ministres, vendredi à Kigali, le responsable rwandais a d'ores et déjà été inculpé de détournement de fonds dans un programme financé conjointement par le gouvernement rwandais et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et destiné au renforcement des capacités des professionnels des médias au Rwanda.

Cette affaire était liée alors à une série de formations organisées par le Haut Conseil des Médias où certaines révélations ont confirmé que le responsable rwandais a établi une liste de noms fictifs qu'il prétendait être ceux de journalistes qui participaient à des formations financées par une forte somme d'argent.

Selon des sources concordantes, certains individus proches de M. Ntwali auraient bénéficié de ces formations pour empocher une grosse somme d'argent qui leur avait été payée sous forme de perdiem, sans oublier les hôtels de luxe où ces journalistes fictifs passaient des nuits, accompagnés de superbes femmes libres qui prétendaient également être des professionnelles des médias.

Certains observateurs constatent qu'il est devenu courant que des institutions, tant dans le secteur public que privé, adoptent une pratique consistant à payer à des journalistes des
perdiems pour la couverture des évènements qu'elles organisent.

De telles actions continuent de compromettre le professionnalisme et la qualité des journalistes rwandais, certains responsables des organes de régulation de médias affiliés au gouvernement s'échinant pour participer à des séminaires internationaux afin de pouvoir empocher le perdiem leur permettant d’arrondir les fins de mois.

Alors que de nombreux journaux privés au Rwanda se débattent dans des difficultés financières en raison du manque d'annonces, certains jeunes journalistes travaillant pour la presse privée notamment, et qui exercent leur métier sans jamais percevoir un salaire, préfèrent couvrir des séminaires, des ateliers, des colloques, des conférences, des symposiums qui se terminent souvent par la distribution dans un coin de la salle d’enveloppes sous forme de perdiem.

Cette suspension intervient au moment où plusieurs responsables étatiques avaient été arrêtés et mis en détention au cours des dernières années pour le détournement de l'argent qui devrait servir à payer des journalistes qui couvrent des conférence de presse.

La Commission rwandaise des médias, un organe d'auto-régulation de ce secteur, estime à environ 730, les individus détenteurs d'une carte de presse au Rwanda.

-0- PANA TWA/IS/SOC 02juin2018

02 يونيو 2018 15:52:54




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