Abidjan- Côte d'Ivoire (PANA) -- Le procureur de la République a requis, mardi, un an de prison avec sursis et 100 000 FCFA d'amende dans le procès de deux cadres du Rassemblement des Républicains (RDR) ouvert lundi à Abidjan, a-t-on appris de sources judiciaires.
Aly Coulibaly, 50 ans, journaliste de profession et Camara Karamoko, 49 ans, comptable de son état et comédien à la télévision nationale, tous deux militants du RDR étaient poursuivis pour "complicité de destruction de biens publics et privés", rappelle-t-on.
"Le parquet, convaincu de la culpabilité des prévenus, requiert contre eux un an de prison avec sursis et 100 000 FCFA d'amende en plus des peines obligatoires, c'est-à-dire les dommages et intérêts réclamés par la partie civile", a déclaré M.
Séry Néa, procureur de la République, au terme d'un réquisitoire de plus d'une heure d'horloge.
En fait de peines obligatoires, le conseil de l'Etat de Côte-d'Ivoire a réclamé 169 890 169 FCFA pour "destruction du stade Houphouët Boigny" alors que la Société des Transports abidjanais (SOTRA) a évalué son préjudice à plus d'un milliard de FCFA pour "destruction de quatre autobus articulés et perte d'exploitation de la compagnie" les 4 et 5 décembre 2000.
Le procureur a fondé son réquisitoire sur l'article 169 du Code de procédure pénale qui stipule que "celui qui se livre à la destruction des biens d'autrui et jette le discrédit sur les institutions de la République, est passible d'une peine d'emprisonnement de 3 à 5 ans".
La défense, dans sa plaidoirie, a battu en brèche les arguments de l'accusation avant de conclure que "le procès est un procès inutile" dans la mesure où la matérialité des faits n'est pas établie pas plus que l'intention de ses clients "qu'aucun témoin n'a vu haranguer la foule le jour du meeting".
Au terme des plaidoiries, les prévenus ont dénoncé le traitement inhumain dont ils ont fait l'objet lors de leur détention à la gendarmerie.
Le président du tribunal, M.
Comoin François, a renvoyé le verdict au vendredi 20 juillet prochain.
Les faits reprochés aux deux responsables du RDR remontent aux 4 et 5 décembre 2000 lorsque des manifestations ont éclaté à Abidjan, à la suite de l'invalidation de la candidature du président de ce parti, Alassane Dramane Ouattara aux élections législatives de Côte d'Ivoire.