Un accord pour renforcer la lutte contre les menaces transnationales en Afrique de l'Ouest et Centrale

Abidjan, Côte d'Ivoire (PANA) - Les chefs de Police d'Afrique centrale et de l'Ouest ont adopté, à Brazzaville, au Congo, un accord visant à renforcer leurs efforts dans la lutte contre les menaces transnationales, indique un communiqué transmis lundi à la PANA.

L'accord adopté le 14 juin dernier prévoit une approche commune et inter-régionale de prévention et de lutte contre la criminalité transnationale organisée, le terrorisme et l’extrémisme violent.

Grâce ce nouvel accord, les groupes criminels auront dorénavant à affronter 24 pays quand ils s’attaqueront à l’un d’entre eux.

L’accord prévoit aussi des mécanismes pratiques pour renforcer la collaboration opérationnelle au quotidien entre les institutions policières.

Dans cet accord historique, sans précédent en Afrique, le Comité des chefs de Police de l’Afrique centrale (CCPAC) et le Comité des chefs de Police de l'Afrique de l'Ouest (CCPAO), ainsi que la Mauritanie ont signé une déclaration de coopération en matière de Police criminelle.

Cette déclaration précise que les chefs de Police présenteront l’accord à leurs ministres de l’Intérieur pour son approbation.

L'accord est le fruit d’une réunion de haut niveau, qui a eu lieu les 13 et 14 juin et organisée par le secrétariat du CCPAC, le gouvernement de la République du Congo et le projet ENACT de l'Institut d'études de sécurité (ISS), un think tank basé à Pretoria, en Afrique du Sud.

La rencontre a également bénéficié du soutien de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) et d’Interpol.

Les menaces transfrontalières et les activités criminelles sapent progressivement les perspectives de paix, de sécurité et de développement en Afrique centrale et occidentale.

La porosité des frontières, la persistance des conflits de faible ampleur et la fragilité des institutions ont entraîné une vulnérabilité et une augmentation des crimes tels que les trafics d’armes, de drogues, d'êtres humains et de produits du braconnage.

À ceux-ci s’ajoutent les délits financiers, les crimes maritimes, le blanchiment d’argent et le terrorisme.

Ce contexte a généré une économie criminelle lucrative, qui s’exerce au détriment des populations, toutes couches sociales confondues.

"La criminalité transnationale organisée détourne les ressources qui devraient servir au développement national. Le coût réel et non quantifiable de ces crimes se traduit par la perte de perspectives, d’opportunités, de moyens de subsistance - et de vies", a estimé le responsable du projet ENACT, Eric Pelser.

Le projet ENACT, qui a démarré en 2017 et financé par l'Union européenne, vise à développer des connaissances et des compétences dans le but d’améliorer la réponse de l’Afrique à la criminalité transnationale organisée.

Il est mis en œuvre par l'ISS et Interpol, en collaboration avec l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée.
-0- PANA BAL/JSG/IBA 18juin2018

18 juin 2018 11:41:35




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